café snake - Analyse décousue de l'hyperréalité
Episode Date: August 27, 2024L'Hyperréalité, Chappell Roan et les célébrités ...
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Bonjour.
Attends, non, non, excuse-moi, j'ai goté.
Bonjour, mon ami.
Salut, Daphné.
Je salue tout le monde qui écoute.
Vous pouvez, genre, partager les épisodes,
mettre 5 stars sur Spotify.
Merci.
Comme on a eu beaucoup de commentaires
sur le fait qu'on utilisait beaucoup le terme
« zadgeist »,
là, j'ai introduit un nouveau terme dont on a déjà
parlé, mais je vais encore en parler, puis j'ai l'impression
que je vais en parler quand même pas mal.
Hyperréalité.
Hyperréalité. On va revenir
à ce débat central sur
qu'est-ce qui distingue la réalité de la fiction,
dans le fond. Personne ici a lu le
livre « Simulacres et simulations » de
Baudrillard, mais je viens juste de le
commander sur les libraires.ca.
C'est pour ça que je dis que probablement que ça va
réapparaître dans la podcast.
Puis là, je voulais parler d'hyper-réalité,
mais comment ça se manifeste vraiment
sur les réseaux sociaux à travers
deux artefacts, genre dans le fond,
un tweet qu'on va examiner,
puis un TikTok. L'hyper-réalité,
je rappelle c'est quoi, ou en tout cas
ce que je comprends de ça, c'est dans le fond, c'est le monde dans lequel on vit, dans l'hyper-réalité, je rappelle, c'est quoi? En tout cas, ce que je comprends de ça,
c'est, dans le fond, c'est le monde dans lequel on vit,
dans l'hyper-modernité dans laquelle on est.
C'est un monde où la ligne entre le réel puis qu'est-ce qui est une simulation,
donc le réel, la fiction,
elle est pas claire, elle est difficile à tracer,
voire même impossible à tracer.
Puis c'est peut-être un objectif
qui est pas tant valuable
de trouver la différence entre les deux.
Oui, c'est ça dont je veux m'entretenir.
Mais tu sais, souvent, quand on parle de réalité versus fiction, on a souvent la référence de La Matrix.
La Matrice, en français québécois.
Ce film que j'ai probablement vu quand j'étais jeune, mais que je ne me souviens pas super gros.
Dans le fond, il y a des vivants qui sont conservés dans des espèces de cocons
branchés à des machines, pis ils sont enfermés dans ces machines-là. Ils sont dans une simulation,
donc vraiment, ils ont pas l'impression d'être dans un cocon, dans une machine, mais ils vivent
une espèce de réalité simulée. Artificiel. À l'extérieur de ça, il y a le monde réel,
ce monde où ils sont dans des capsules, dans des cocons. C'est un monde un peu apocalyptique. La matrice, c'est pas vraiment un bon exemple pour représenter l'hyper-réalité parce que,
dans le fond, la limite ou la frontière entre le réel et l'affiction, elle est claire. Nous,
quand on parle d'hyper-réalité, il faut penser que c'est vraiment un monde où la limite,
elle est impossible à tracer. Ce que je veux montrer, puis ce que tu disais, c'est que faire l'expérience du réel aujourd'hui, donc de l'hyper réalité, c'est se laisser aller à s'amuser
de cette confusion-là qu'il y a entre le réel puis le simulacre, le fabriqué. C'est quasiment
comme si on jouissait de cette confusion-là. Je pense qu'un des meilleurs exemples contemporains
de ça, c'est les pages de mimes sur Twitter, surtout les mimes de NBA pour revenir au basket discourse, où est-ce que
ils vont juste poster des
full formels comme si c'était des nouvelles
qui breakaient dans le monde de la NBA. Mais c'est faux,
mais ça peut être vrai. C'est pas comme genre complètement
absurde. Puis là, les gens, ils se font avoir
avec NBA Centel pour les gens qui...
Tout le monde parle d'esthétique, comment il a vraiment
pogné des joueurs de la NBA qui pensaient
qu'ils s'étaient fait échanger. Dans le fond, le monde,
il trouve ça juste plus drôle de comme run with it ». Ça fait partie d'une forme de divertissement,
puis ça fait partie d'une attitude de consommation des médias sociaux où il y a cette idée de jouir
de cette confusion-là entre la fiction et la réalité. Puis dans ce cas-ci, justement,
quand on pense que c'est ça un peu le paradigme contemporain et quand on va vraiment lire les
commentaires, parce que c'est surtout dans les commentaires que ça se joue, puis c'est ça qu'on va faire aujourd'hui, je trouve que ça souligne encore plus le fait que cette espèce d'obsession, de fact-checking compulsif des médias d'héritage semble'avoir, c'est vraiment des penseurs, des gens qui vont nous dire
« Ben, c'est quoi les particularités du monde dans lequel on vit? Comment notre vision du monde est altérée par le paradigme contemporain? »
En étant dans le fact-checking compulsif, ben, on passe vraiment à côté de « Qu'est-ce que c'est le monde, finalement? »
Un exemple vraiment probant de ça, c'est l'espèce de running gag de G. Devens qui aurait fourré son sofa.
Dans son livre, les gens ont commencé à dire
qu'il avait raconté l'anecdote
qu'il avait déjà couché avec son sofa.
Non, c'est ça.
C'est que finalement, sur X,
il y a un utilisateur qui a tweeté comme quoi
dans le livre que G. Devens a publié,
dont tu avais parlé,
qui s'appelle Il Billy Illigi en 2016.
Il y avait un passage qui parlait du fait
qu'il y aurait eu du sexe avec des coussins de sofa.
Tu sais ce qui est drôle, c'est parce qu'on revient...
Ça, ce mime-là, il est inspiré de la littérature québécoise.
C'est parce que dans...
On revient à Michel Travelé dans Un ange corneille avec des ailes de tôle.
Son éveil sexuel se fait sur son lazy boy.
Mais je pense que peut-être...
Alors, c'est comme un trope érotique qui est canonisé, je sais pas.
Mais finalement, quand cette espèce de tweet-là a été tweetée, c'est devenu
viral, puis là, The Associated
Press, je sais pas si c'est l'organe
de presse, comment...
C'est un conglomérat médiatique qui fait des nouvelles.
Bon, a publié un article
qui tentait de debunk cette
rumeur, et l'espèce de titre
de l'article, c'était No GD events
did not have sex with a cult.
Puis là, tout ce que ça a fait, de un, c'est que ça l'a permis à une vaste population de « date in on the big joke ».
Dans le fond, c'est des gens qui n'auraient même pas su que ce tweet-là viral circulait. Finalement,
se sont aperçus que « ah ok, il y a cette rumeur-là qui court selon laquelle G-Divans
aurait fourré son sofa ». Mais aussi, je pense que c'est vraiment un bon exemple de comment on passe à côté de la... — De la juice. — En tant que citoyen, mettons, quand moi je vois
ça de la part d'un organe de presse, ce que je me dis, c'est que cet organe de presse-là, elle a pas
capté dans quel monde est-ce qu'on vivait maintenant. Pis l'affaire, c'est que même le titre
de l'article, il fait partie de l'hyperréalité. Parce que même si c'est pas dans le livre, même si
tu fact-check que, effectivement,
à la page 63, c'est pas vrai,
mettons que G.D. Vance a écrit
qu'il avait eu une expérience sexuelle avec son
sofa, quitté pour prouver
que ça s'est pas vraiment passé.
Le référent, donc on réfère à un livre,
mais le référent, c'est déjà une fiction.
Dès qu'on raconte une histoire,
une biographie, c'est qu'il y a une mise en récit
de sa vie, on tombe dans la fiction, on tombe dans un rapport subjectif à la réalité.
Puis dans un travail de sélection, il y a tellement de choses que tu vas omettre de dire dans ton autobiographie ou des choses que tu vas au contraire mettre de l'emphase dessus.
Comme si j'avais l'impression que ça témoignait d'une forme de naïveté, de candeur ou même d'idéalisme par rapport à notre propre position dans l'écosystème médiatique.
Même plus largement, t'sais, comme
l'idée qu'on vit dans un
monde où on peut justement arriver
à des...
Des réalités. Des réalités, des faits, des vérités.
T'sais, si tu penses même à l'idée
du fait qu'on vit
dans une démocratie, ben le système
politique démocratique, c'est
censé exprimer la volonté d'un peuple. Pis là, en ce moment, t'sais, c'est censé exprimer la volonté
d'un peuple. Puis là en ce moment, tu sais, c'est les élections américaines. À quel point ça
l'exprime vraiment la volonté du peuple, ce spectacle-là dont on est témoin depuis plusieurs
semaines, tu sais, c'est les démocrates versus les républicains. Il y a comme deux choix qui pour moi
expriment deux formes de statu quo. C'est hyper réel. L'autre chose aussi, je trouve que, mettons
en politique, on vit dans
l'hyper-réalité aussi. Par exemple, quand les démocrates
ou quand les libéraux ici au Canada
vont appeler pour un cessez-le-feu en Palestine,
call for a ceasefire,
puis en même temps, font pas d'embargo
sur la vente d'armes,
continuent de donner de l'argent
de vendre des armes, des bombes,
ben, c'est vraiment difficile de voir
ok, c'est quoi qui est vrai, c'est quoi qui est faux.
Parce que littéralement, oui, c'est vrai, tu calls for a ceasefire,
mais en réalité...
Je trouve qu'hier, je t'avais dit,
je ne savais pas envoyer le clip, mais vraiment le passage
du speech de Kamala Harris au DNC
sur la Palestine, c'est vraiment
comme ça, mais mis en une phrase.
En une phrase, elle dit qu'on va toujours
être là et qu'on va toujours aider Israël
à avoir une armée forte. En même temps, elle dit qu'on va toujours être là pis qu'on va toujours aider Israël à avoir une armée forte.
Pis en même temps, elle dit qu'il faut arrêter les atrocités à Gaza.
Pis genre, dans une phrase.
Ouais.
Fait que c'est comme ça fait.
Mais je trouve que c'est ça, la politique actuelle en ce moment,
le discours des politiciens, c'est vraiment un bon exemple d'hyper-réalité.
Pis là, après ça, tu vas dans les médias d'héritage,
pis t'as comme des gens sérieux, des analystes politiques
qui vont débattre de certaines idées,
pis c'est toute une mise en scène pour qu'on prenne ça au sérieux,
puis qu'on a l'impression d'accéder à une vérité, quelque chose de vrai, des faits.
Mais tout ça, c'est l'hyper-réel, dans le sens où la limite entre les faits et la fiction, elle est vraiment brouillée.
Pour reprendre un terme, ou en tout cas un concept très utilisé dans les dix dernières années,
ou peut-être même pas, les cinq, le gaslighting.
Mais tu sais, il y a beaucoup de gaslighting dont on est victime, je pense, du moins par la classe
politique, connu sous le nom de détournement cognitif au Québec. C'est une forme de manipulation
mentale dans laquelle l'information est déformée ou présentée sous un autre jour, mis sélectivement
pour favoriser l'abuseur ou fausser, dans le but de faire douter les victimes de sa mémoire, de sa
perception de la réalité, de sa santé mentale, puis ça, l'effet
de ce gaslighting-là, c'est que finalement,
la victime, elle perd aussi son espèce
de boussole intérieure, qui se met à
juste perdre le contact avec la réalité, parce qu'elle
n'est même plus capable de faire confiance à ses perceptions.
On est victime de
gaslighting de part et d'autre, tout le temps,
non-stop. Là, qu'est-ce qui arrive, c'est qu'il y a
une forme d'accélérationnisme dans la jouissance
de cette confusion entre le réel et la fiction, puis une espèce de là, qu'est-ce qui arrive, c'est qu'il y a une forme d'accélérationnisme dans la jouissance de cette confusion entre le réel pis la
fiction, pis une espèce
de, t'sais, tant qu'à faire,
t'sais, genre, allons-y pleinement, t'sais,
on recommence avec l'accélérationnisme, mais
embrassons cette espèce de force.
Mais c'était ça, là, t'sais, la semaine passée dans l'épisode
quand je dis pourquoi croire la vérité
quand le mensonge est plus divertissant, c'est
ça, c'est une quote qui revient d'un animateur de radio
au Cholomingue, aux États-Unis, il dit tout en temps ça depuis 10 ans, mais ça c'est accélérationniste
dans la réalité, c'est genre pourquoi même essayer de croire qu'il y a une vérité,
juste allons dans le plus divertissant possible. Il y a tellement de choses à dire, on va sûrement
revenir là-dessus, après ça je me rappelle aussi qu'il y avait tout eu un débat quand Trump a été
élu, parce que quand Trump faisait campagne en 2016, il disait plein de trucs qui étaient faux.
Puis là, ce que les médias faisaient, c'était des fact-check.
« Ah, il a dit ça dans le débat, c'était faux. Il a dit ça, c'était faux. »
Mais ça, ça s'est fait appeler des factiness.
Factchecking. Donc, on va juste aller voir les faits puis les checker.
Factiness. C'est comme si personne n'avait prédit que « Oh my God, il allait se faire élire. »
Mais il fallait que tu regardes plus haut, à vol d'oiseau.
Enlève-toi finalement des
faits, genre abandonne les faits,
puis regarde le truthiness,
la vérité qui ne se rattache pas
nécessairement au fait
de ci, de ça, d'un discours.
C'est quoi? C'est que l'Amérique,
l'Amérique du Nord, les États-Unis,
c'est raciste. Si tu t'attaches aux faits,
tu passes à côté d'une vérité.
Pour revenir à mon sujet, si t'es toujours dans un paradigme de fact-checking,
tu passes à côté d'une grande vérité qui est, en ce moment, nous vivons,
dans une hyper-réalité où faits et fictions sont mélangés.
Pis ça, c'est important d'en parler, même d'un point de vue philosophique,
pour introduire, genre, l'hyper-réalité. J'ai pas lu les livres évidemment, mais tu sais, j'ai assez
de plus comprendre. Puis tu sais, c'est déjà des concepts que ça fait un couple d'années que je
fréquente là, comme on dit à l'université. On est dans une hyper-réalité finalement baignée de
simulacres, de simulations. C'est quoi un simulacre? C'est une représentation. Par exemple, tu me parles
d'une pomme, je te dessine une pomme. Ça, c'est une représentation. Une représentation qui a
perdu son référent. Fait qu'il se réfère
pas à quelque chose qui a une existence
dans le monde réel, mais qui se réfère à
quelque chose qui existe pas.
Fait que c'est ça que je vais essayer
de montrer en parlant du tweet
que j'ai sélectionné. Fait que pas une
simulation de la réalité, mais la simulation
d'une simulation. Ça, c'est un simulac.
Fait que là, la première affaire, c'est ce simulac. Fait que là la première affaire c'est ce tweet là. Fait que là je vais juste décrire
parce que là on est dans un médium sonore. C'est un quote tweet. Fait que dans le fond la personne
cite une capture d'écran qu'elle a pris. Dans la capture d'écran, c'est une publication LinkedIn
d'un VP, bien de quelqu'un qui se dit VP, un ancien VP de Amazon.
Il s'appelle Ethan Evans, je pense.
Puis là, je le traduis en français,
mais dans la publication, ça dit
un PDG, donc un CEO,
pour lequel je travaillais, a séduit
ma femme pour se venger des critiques
que je lui faisais au travail. Il a gagné.
J'ai divorcé et j'ai quitté l'entreprise.
Puis là, il dit, quand je dis que je comprends
vraiment comment certaines équipes de direction
peuvent être des pit-a-snakes,
là, c'est ma traduction, politiques,
j'espère que vous me croyez.
Tirez des leçons de ma douleur,
de mon aventure. »
Puis là, après ça, sur son profil LinkedIn,
parce que c'est plus long,
il dresse toutes les leçons que tu pourrais tirer
de cette espèce d'événement-là.
Le tweet en question va citer cette capture d'écran-là,
et dit, là la personne qui tweet s'appelle Circé,
c'est écrit, ex-wife here, hello, avec la petite main.
To clear the record, his CEO did not seduce me.
I seduced him.
Every moment I had alone with Ethan,
le doune,
son ex-mari,
all he would talk about
was his CEO.
In the car,
at dinner,
while making love.
Eventually,
I knew I had to meet
this man for myself.
And when I finally did,
it was a no-brainer.
Fait que là,
elle met genre
les moticons
de deux personnes
qui tombent en amour.
Ethan still spends
all of his time talking about his former boss, my now husband. But now, Fait que là, elle met genre l'émoticône de deux personnes qui tombent en amour.
Puis là, il y a comme un émoticône de trophée.
Fait que, basically, c'est moi son ex-femme. Pour clarifier les choses, c'est moi qui a séduit le PDG. En fait, Eton était complètement loser, il faisait juste parler de son PDG
tout le temps, fait que là, un moment donné, je me suis dit « Hey, je vais le rencontrer,
le bonhomme, on est tombés en amour, pis là maintenant, ben, c'est mon mari. » Pis
j'espère que finalement, mon ex-mari Eton, il va enfin se la fermer. Voici le tweet, il y a à peu près 31 000 likes,
5000 retweets, ça fait que c'est quand même... Il y avait de la... Des millions de views. Ouais,
pas mal de views. On va comme l'analyser. De un, qui est Circé, la personne qui fait ce tweet?
Genre, est-ce que c'est vraiment l'ex-femme du PDG? Je pense pas, non. Ben moi, sur le coup,
j'étais pas sûre quand je l'ai lu, parce qu'il y avait tellement
d'engagement, t'sais. Puis finalement, je
trouve que c'est quelqu'un qui écrit sous pseudonyme,
qui écrit des advice columns,
genre des gens de courrier du coeur, pour
une rubrique d'un magazine
qui a rapport avec de la tech. Fait que c'est comme
plus un con qui est habitué de tweeter des trucs
à la blague, fait que c'est littéralement
une blague. C'est pas elle, l'ex-femme.
Fait que déjà là, tu sais, tu vois,
t'es déjà dans une couche de fiction.
Lui, qui est-il? Moi,
je l'ai googlé, j'ai essayé de comprendre.
Il y a pas vraiment... L'affaire, c'est que quand
tu tapes son nom sur Google, il y a pas d'empreinte
numérique à part ses propres
plateformes. Il y a pas rien qui le mène
dans le passé où on voit qu'effectivement
il a travaillé comme VP chez
Amazon. Pis dans toutes ses plateformes, il y a une chaîne sur Twitch, il y a une chaîne sur YouTube,
il fait des podcasts, il se brand, c'est vraiment son image de marque.
Ethan Evans, ex-VP at Amazon.
À quel point c'est vrai, c'est... je veux dire, quand tu fais des recherches, c'est tautologique,
ça revient finalement à lui qui dit encore qu'il est un ex-VP.
L'affaire aussi, c'est que toutes ces plateformes le sont actives mais pas depuis longtemps tous ces produits médiatiques ces
vidéos ça date pas mal de la dernière année mais donc mais tu sais aussi parce qu'il joue avec
l'ambiguïté parce que vipi spray the vipi coordinateur des affaires de la région du
ouest si tu peux le terme vu qu'il me tient les gens dans ces compagnies le stade des grosses
structures bureaucratiques
que VP, il ne met pas ce qu'il avait après à son poste.
Peut-être que c'était un VP du développement
de l'entretien des poubelles.
Après ça, j'ai vu qu'il avait fait comme 60...
Qu'il avait 60 patents.
Comment on dit ça?
Des brevets.
Il y avait 60 brevets à son nom ou quelque chose.
Puis je suis allée regarder dans une liste de brevets.
Puis effectivement, il y avait un nom qui ressortait,
mais ce n'était pas exactement le même nom.
Il y avait comme une lettre de plus. Il y a du vrai ou il y
a du faux, mais justement, l'idée, c'est pas de savoir s'il est vraiment qui dit,
parce qu'on est dans l'hyper-réalité, donc l'espèce de frontière entre le réel
puis la fiction, la simulation, elle est très confuse. Mais ce que je peux dire, c'est
que maintenant, c'est un influenceur qui vend des cours. C'est vraiment ça, son pitch,
c'est ça qu'il veut faire, il vend des cours, c'est un influenceur qui vend des cours. C'est vraiment ça, son pitch. C'est ça qu'il veut faire.
Il vend des cours.
C'est un career coach.
Fait qu'il s'adresse potentiellement à des gens
qui veulent être VP chez Amazon.
Puis là, il leur dit des trucs genre,
« Hey, moi, j'ai vécu ça dans ma vie professionnelle.
Genre, mon boss a couché avec ma blonde.
Fait que voici ce que j'ai appris de cet événement. »
Tu comprends?
Il est tellement généreux, tu sais.
Il a comme tellement de choses à nous transmettre.
Ça, ça m'a vraiment fait
penser, en fait, l'espèce de coaching,
career coaching, je pense que c'est quand même quelque chose
qu'il y a beaucoup dans le milieu de la tech.
Puis là, je commence à me demander si ces gens-là
qui s'érigent en coach, c'est réellement
des gens qui ont eu des carrières
rétentissantes. Ah, mais ça, il y a tellement de vidéos
sur YouTube parce que, non seulement, là,
le plus gros modèle, avant, c'était de faire des
coachs, mais maintenant, le plus gros business, cest les coachs de coachs. Fait que là,
je vais à mes élèves, ça va être des gens qui veulent devenir des coachs, fait que là moi,
je forme les gens à être des coachs. Tu vends des cours, tu vends des packages,
ça peut être un livre, ça peut être des formations qui t'ont préfilmé, c'est toute
cette industrie-là, c'est quand même assez présent sur les réseaux. Ça me fait penser
au premier livre
de self-help,
donc développement personnel
ever,
que moi j'ai lu,
qui a été écrit en 1936
par Dale Carnegie,
qui s'appelle
Comment se faire des amis,
bien en français,
mais en anglais,
c'est How to Win Friends
and Influence People.
Un classique.
Puis littéralement,
ouais,
moi il m'a marqué ce livre-là,
je l'ai même cité
dans mon livre d'élite.
C'est intéressant
parce que le premier livre de développement personnel,
en tout cas, du moins comme...
Répertorié.
C'est ça.
C'est quand même lié à...
C'est un homme blanc qui a été dans les sphères,
qui était un gestionnaire,
puis qui a essayé de donner des conseils pour réussir en affaires.
Tu sais, quand on parle de développement personnel,
moi, je pensais plus à des trucs genre
« Réparer vos traumas »,
comme vous avez des parents
c'est 50 laws of power
exactement c'est l'inception de tout ça
je n'ai pas vraiment le moyen de savoir
si en effet Ethan Evans
il est bien celui qui le dit
est-ce que ce quote tweet donc
réfère à une fiction, est-ce que même
les followers de ce
Ethan Evans sont réels
littéralement maintenant on ne peut même pas savoir. Des fois,
on se basait sur un peu comme « Ah, cette personne-là, elle a 15 000 followers, donc ça doit être vraiment
quelqu'un d'important », mais maintenant, tu peux... t'achètes des followers. À quel point c'est le reflet
d'une réalité. Pis surtout sur Twitter, parce qu'avant, tu pouvais dire « Ok, mettons que cette personne a 15 000 followers »,
tu checks son engagement, pis après tu pouvais aller voir qui qui like les tweets. Ouais. Tu peux voir si c'est pas des...
Maintenant, tu peux même plus voir si c'est des bots qui like les tweets. Fait que c'est comme
encore plus... Exactement. On est deep dans l'effet réel. Puis là aussi, l'idée,
c'est que son post sur LinkedIn et son tweet à ce Eaton Events là, il est devenu viral
parce que tout le monde s'est mis à spéculer sur c'était qui ce fameux CEO là qui lui
avait volé sa femme. Tout le monde pensait que c'était Jeff Bezos. Puis parce qu'il
insiste partout partout qu'il a déjà travaillé chezé sa femme. Tout le monde pensait que c'était Jeff Bezos. Puis parce qu'il insiste
partout, partout, qu'il a déjà travaillé
chez Amazon, bien là, tout le monde s'est dit « C'est ça, c'est
Jeff Bezos. » Et pour moi, c'est un peu
comme ça pourrait très facilement être interprété
comme un stone publicitaire pour
justement générer de l'engagement et
attirer des clients pour sa business
de coaching. Je voulais qu'on aille voir
les commentaires, mais j'en ai
mis pas mal ici. Premièrement, il y a un
commentaire, ça dit « You're gonna make this man take his
own life. He's clearly not well and you're
enjoying this. Shame on you, evil bitch. »
59 likes.
Fait que t'sais, là, il y a du monde qui prenne ça
pour du cash. Après ça,
là, il y a quelqu'un qui dit « When reality and
satire becomes indistinguishable,
welcome to the internet
everyone. » Littéralement, les gens sont hyper aware.
Quelqu'un d'autre écrit,
The hyper reality of the internet has become more real than real.
Puis c'est ça un peu, je pense, la thèse de Baudrillard.
Mais là, c'est ça.
Faut que je lise le livre.
Après, quelqu'un dit,
Chat, is this real?
Chat, ça c'est...
Là, explique ce...
Parce que chat, c'est devenu une espèce de nouveau pronom.
Il y a des gens qui l'analysent comme ça, mais c'est s'adresser à l'audience qui te regarde.
Quand t'es un streamer.
Quand t'es un streamer, fait que dans le fond tu vas demander au chat, hey chat est-ce que vous pouvez trouver ça, chat est-ce que c'est vrai, tu regardes une vidéo, est-ce que c'est vraiment arrivé, fait que c'est vraiment, c'est linguistique aussi comme si c'était un qu'il y a là, quelqu'un répond « CEO here, it's real ». Comme c'est vraiment, là, les gens embarquent, c'est cette idée de jouissance, de participation à cette espèce
de fuckery de réel, faux, vrai, fiction, nanana, let's all play. C'est littéralement ça dans
les commentaires. Quelqu'un dit « I saved it to unpack it later ». This is TMI?
Too much information. Ouais. Ça, ce que je trouve que ça nous montre, c'est que l'Internet aussi,
c'est l'espèce de jouissance
que tu peux tirer de cet investissement-là.
C'est de faire ta propre enquête,
de tomber dans ton propre rabbit hole
puis d'essayer de...
Connecter les points et puis trouver...
Oui, mais en même temps,
en sachant que t'arriveras jamais vraiment
à tout savoir.
Quasiment comme « true crime »,
« true crime mind ».
Après, quelqu'un dit
« never deleting
this app ». Embarquer à fond
dans la jouissance que tout peut être vrai
pis faux, ça s'est vraiment popularisé
pis dispersé dans la culture.
Je trouve avant Twitter sur TikTok.
Je trouve que c'est bien plus ancré
dans l'humour Gen Z de early TikTok
pis ça s'est diffusé dans le reste
de la culture. Genre 2018, 2019,
2020 TikTok. Selon toi, c'est relativement récent dans le reste de la culture. Genre 2018, 2019, 2020, TikTok.
Ok, donc selon toi, c'est comme relativement récent.
Une espèce de convention non-dite que c'est juste tout pas vrai,
mais on le fait pour les memes.
Après ça, quelqu'un dit
« I don't even care if this is satire, it's amazing. »
Fait que l'idée, c'est jouissif.
« Wow, this story keeps getting both more and less believable
at the same time. »
Ça, c'est parfait, ouais.
Après ça, « I literally don't know
what is parody
and what is reality anymore.
I'm just endlessly entertained
at this point.
Fait que l'idée,
c'est que le divertissement,
c'est justement ça.
Là, mon exemple
pour expliquer c'est quoi,
dans le fond,
un simulant,
ça s'en vient.
C'est que si tu vas
sur sa page,
parce qu'elle a tweeté ça hier,
littéralement, je dis elle,
mais je sais même pas
c'est quoi son genre.
Là, elle tweet, il y a six heures, une autre capture d'écran d'un espèce de site potentiellement
un média. Le site s'appelle Bent Film Festival et elle dit « Incredible piece of journalism » et là
c'est un article entier qui a été écrit en moins de deux parce qu'imagine ça c'est devenu viral
hier, là ça a été publié aujourd'hui donc le 23 août et le titre de l'article c'est devenu viral hier. Là, ça a été publié aujourd'hui, donc le 23 août. Et le titre de l'article,
c'est « Former Amazon VP
Ethan Evans alleged
ex-wife Circe respond
to his tweet ». C'est un article
qui couvre la patente. « Former Amazon VP
Ethan Evans alleged ex-wife Circe
responds to his tweet ». Elle a
dit tout de suite après
« I guess Baudrillard was right ».
Direct après, c'est ça son tweet.
Puis là, il faut que, pour
unpacker ce truc,
c'est que Ben's Film Festival,
donc cet article qui est sorti,
cet article journalistique,
en fait, il vient d'un site
internet qui est un site médiatique
Ben's Film Festival,
qui a rapport à aucun film festival.
Puis en fait, c'est un site de content farm, une ferme de contenu donc content farm où c'est genre le plus d'articles possible qui va
générer le plus de clics possible. Ici on regarde sur le site web c'est un site qui est managed donc
géré par NCCAR Technologies et NCCAR, c'est une compagnie de, justement,
ferme de contenu qui est basée au Népal. Wow.
Fait que là, ça, ça l'exprime bien, dans le fond, mon idée de c'est quoi un simulacre. C'est
vraiment une représentation qui renvoie à quelque chose qui est aussi une représentation.
Je comprends. Son référent, c'est une représentation,
puis potentiellement que le référent de cette représentation-là est aussi une représentation. Son référent, c'est une représentation, puis potentiellement que le référent de cette représentation-là est aussi une représentation. Fait que là,
on a affaire à la simulation d'un article. C'est pas un vrai article, parce que c'est
même pas sur un vrai site de médias. Donc la simulation d'un article qui renvoie à
quoi? À la simulation d'un news item, parce que c'est pas un fait d'actualité, qui renvoie
à quoi? Un post qui est potentiellement
lui aussi une simulation.
It goes deep. Ben, ça peut
sûrement continuer comme ça, mais c'est juste l'idée
de, ça l'exemplifie bien, bon,
justement, ce concept de Baudrillard.
Pis je trouve qu'en ce moment, quand je vois dans les commentaires,
c'est vraiment ça que je vois des gens qui sont
super conscients de cette espèce de...
Ouais.
D'hyper-réalité. Ouais. Pis là, je voulais qu'on regarde
l'autre, mon prochain que c'est moi? » Et je clique sur ça et c'est « Insurance nationale ».
Je me dis « Qu'est-ce que c'est? »
Je suis sûr que les gens qui gèrent ces entreprises sont les hommes les plus vieux et dégueulasses que vous avez vu.
Et puis, ils ont reçu Brittany straight out of college from USC,
qui gère leur société social, comme moi, sur l'account corporate.
Et j'adore ça. mais qui serait censée comme si elle existait potentiellement être vieille. Je ne sais pas c'est quand que ça a été créé, Walmart.
Puis après ça, cette espèce de représentation-là renvoie aussi à une société
gérée par des vieux bonhommes qui n'ont aucune connexion avec la présence médiatique finalement.
C'est comme au début, si tu suis la chaîne des référents,
tu finis par arriver à comme une espèce de non-sens.
Le tiktoker qu'on vient d'entendre, c'est Brett Nosti.
Puis quand on scrolle dans les commentaires de son TikTok,
mais là, tu vois, il y a tellement de marques commandes.
Genre là, il y a Ulta Beauty qui dit « Is this play about us? »
Donc une référence à Euphoria, qui a genre 133 000 likes, son commentaire.
Après ça, il y a, je sais pas, il y a Lancôme.
« Keeping social with very cutesy, very demure. »
Il y a Microsoft 365. « Like Why Is This Literally Us,
American Eagle qui commande, 26 Zylenial Checking In avec des bonhommes qui pleurent. Donc là on
voit que c'est les gestionnaires des réseaux sociaux de toutes ces sociétés-là qui comme
commandent. Après ça tu as Clearblue, Oreo, Hyundai, Estée Lauder, Netflix, Google Pixel, Tinder, Phila USA, Pure Leaf,
iAsus, Fenty Skin, HelloFresh, Charmin, Hilton.
T'sais, ça a juste pas de bon sens.
Quelqu'un écrit You summon them all.
Comme si t'avais fait du Ouija pis t'avais comme appelé les marques.
Mais ça, ça revient souvent parce que des fois, il y a comme des TikTok où justement,
où est-ce qu'ils se retrouvent à tout être dans les commentaires parce qu'on adresse ce phénomène-là.
Puis c'est au TikTok, nous, on a la STM qui est vraiment présente dans les commentaires.
Oui, vraiment.
Mais si c'est cette culture-là, est-ce que c'est vraiment un simulacre?
Si on sait à quoi ça ramène, ça ramène à des gens qui sont...
Non, mais c'est que la présence médiatique, juste le fait que, par exemple,
on considère une société comme un individu, mais ça, ça rapporte au droit.
Finalement, quand une société fait des choses,
elle peut être poursuivie en justice
en tant que société. C'est pas le CEO
qui va être poursuivi en justice.
C'est une entité légale, oui.
Ils ont tout à leur avantage d'appuyer
sur le fait que la société, c'est
une entité, c'est comme une personne.
C'est comme ça qu'elle interagit sur le web.
Mais juste l'idée qu'il y a une présence médiatique
de ces compagnies-là, mettons, de l'encombre
qui va aller liker ta photo,
déjà là, t'es dans l'hyper-réalité.
Parce que c'est une représentation de quelque chose.
Ça va jamais arriver qu'une compagnie,
l'idée de la compagnie,
l'idée d'une entité,
une entité légale comme cette compagnie-là,
c'est déjà comme un concept qui est fictif.
Ce qui est Hydro-Québec, eux,
ils font ça beaucoup dans les commentaires des clapbacks
pis tout. Pis là, ils se sont même partis une podcast,
les gens qui font les commentaires d'Hydro-Québec,
où est-ce qu'ils commentent leurs meilleurs commentaires
qu'ils ont fait dans l'histoire, pis c'est filmé,
on les voit, les gestionnaires de communautés.
Ben ça, c'est parce que c'est
justement du métadiscours, pis ça fait partie
aussi du divertissement
et du discours sur les réseaux sociaux.
Mais t'sais, l'idée aussi,
je trouve que c'est une déconnexion totale
entre l'espèce de présence médiatique,
des insights linguistiques
qui ont la façon qu'ils s'expriment.
Quand Ulta Beauty, c'est comme Sephora aux États-Unis,
qui connaît tous les codes,
qui est yes girl en dessous de n'importe quelle photo.
Moi, je trouve que c'est dissonant,
honnêtement, c'est hyper dissonant.
C'est dissonant, mais ça participe à nous habituer finalement à une espèce d'état où tu peux
pas prendre pour du cash ce que tu lis. Même les gens, t'as un compte sur Twitter, tu sais
pas c'est qui qui se cache derrière ce compte-là. Mettons un compte TikTok, c'est déjà une
représentation. T'sais, ma page TikTok, c'est une représentation, ça me représente sur
la plateforme. Fait que là, t'es dans une représentation, c'est quoi le référent? C'est une représentation, ça me représente sur la plateforme. Fait que là, t'es dans une
représentation, c'est quoi le référent? C'est toi. Ouais, mais genre pour le compte TikTok de Ulta,
c'est quoi le référent? Tout ce qu'on associe à Ulta, les valeurs, la vibe, tout ça, c'est une
construction, c'est une fiction. Pis là, si tu remontes encore plus, ben ces valeurs-là, cette
image de marque-là, ça réfère à quoi? T'es juste
dans une boucle de fiction. L'image de marque, à la base, c'est une fiction. C'est une construction
de gens en publicité qui veulent te faire acheter des affaires. Moi je trouvais ça intéressant l'idée
qu'il y avait une déconnexion entre comment ces comptes-là, ces gestionnaires des réseaux sociaux
parlaient, s'exprimaient, puis finalement l'idée que les vrais gens qui tirent les ficelles dans
ces entreprises-là,
les vrais gestionnaires, ce sont des gens qui n'ont aucune connexion avec ce discours-là,
ne savent probablement même pas c'est quoi, genre, « demurred ». Justement, revenons à cette
« trend » de « demurred », parce que là, il y a beaucoup de nouveaux mots qui sont adoptés constamment,
puis d'ailleurs, j'en parle, je parle de l'aura, puis des points d'aura dans mon article de la
presse qui va sortir dimanche, donc quand
Café Snake sort, ben mon article va être sorti
mais moi, l'espèce de
demure
very demure, very considerate, very approachable
very demure, cutesy, blablabla
ça m'a juste directement
tapé sur les nerfs
je me suis comme demandé pourquoi
c'est une expression qui part d'une
beauty influencer trans Jules Lebrun pis dès que ça a commencé à apparaître, moi je t'en envoyais comme
un TikTok, pis là c'est devenu juste comme vraiment too much. Il y en a vraiment partout.
Je pense que c'est comme, c'est trop appuyé en fait. C'est que les gens l'utilisent de
façon à montrer qu'ils sont in on the big joke, genre qu'ils ont montré leur littératie
de médias sociaux, ils ont comme compris. Ils connaissent la trend du moment. Le fait aussi que
ça soit cannibalisé aussi rapidement
par les marques, ben, pas les marques,
mais les gestionnaires des médias sociaux de ces marques-là,
pour moi, c'est comme, je veux dire,
j'ai pas le goût d'embarquer, genre, dans la
tendance, pis d'utiliser ce mot-là.
Comme, je sais juste que je suis partie par une espèce
de lingua qui est finalement capitaliste.
Aussi, je trouve que c'est comme si ça nous
donnait pas le temps de forger une relation
intime avec l'expression, une relation affective.
Pourquoi cette expression-là, qui a eu une espèce d'ascension vraiment instantanée,
météorique, pourquoi moi j'ai tout de suite eu comme un élan de rejet face à ça?
Ben, ça avait l'air manufacturé.
Ah ouais?
Je pense que vu que c'est arrivé, c'est devenu massif trop rapidement.
Tu sais, comme ça a quand même pris quatre mois après la sortie de l'album de Charlie
XCX pour qu'il en parle à CNN, mettons. Fait qu'il y avait un fond. Genre, il y avait
des gens qui étaient about it depuis fucking février l'année passée. Ouais, le Brad
Summers, pis je pense que l'espèce de discours est peut-être plus méta, où il y a comme
« Ah, il y a une couleur, il y a une essence, des valeurs qui sont associées à un imaginaire.
Une histoire.
Mon hypothèse, c'est que ça ne va pas stick in.
C'est vraiment comme l'exemple même d'une tendance
qui va et qui vient, alors que ça ne va pas vraiment nous...
Ça ne marque pas comme un tournant au niveau, genre,
médiatique ou numérique.
Ce n'est pas associé à quelque chose de significatif.
C'est Kourtney Kardashian qui a dit ça,
genre, disant dans les Kardashians,
« Very demure », puis la fille qui l'a dit, elle repre C'est Kourtney Kardashian qui a dit ça il y a genre 10 ans dans les Kardashians, Very Demure,
puis la fille qui l'a dit,
elle reprenait
de Kourtney Kardashian.
Mais tu sais,
ça c'est quand même
une stratégie
qui est utilisée en politique.
Je me rappelle,
par exemple,
quand il y a eu
l'affaire des influenceurs
dans le vol de Sunwing
avec...
Les Astroguts.
Oh my God.
Mais c'est quoi
le nom de l'influenceuse, là?
La vapoteuse de Toulouse.
Ça, c'est tellement...
C'est magnifique.
Elle a ça dans sa bio.
Je pense qu'elle écoute Café Snick.
Je pense.
Mais on se replace dans le contexte.
Il se passe cette histoire-là
qui est un peu comme un potin trucbine.
Puis on est en plein dans la COVID.
Il y a une mauvaise gestion de la crise.
Le premier ministre, Justin Trudeau,
se saisit de l'histoire
pour finalement la faire mousser pis qu'on
momentanément perde un peu le cap ou qu'on focus notre attention ailleurs que la gestion de la crise
de la COVID. C'est le convoi de camionneur. On va canaliser la rage des gens, la tristesse,
la déception sur ces influenceurs-là dans le vol de Sunwim. Pis là, il fait une conférence pis il
utilise un mot qu'on n'entend pas souvent,
«ostrogo». Puis ça, je te dis, c'est un
«cultural hook», parce que
justement, il sait que c'est pas un mot
qu'on utilise, que c'est pas dans un
vocabulaire courant. Ça va tout de suite
engendrer une réaction, puis bam,
direct, c'était partout dans les médias, puis
cette expression-là, tu sais, ça a marqué
l'imaginaire des gens. «Ostrogo».
Genius play.
Mais Macron fait ça souvent aussi.
Ouais.
Macron utilise tout le temps des...
C'est une stratégie médiatique.
Je ne sais pas si ça vient de Justin ou de ses conseillers,
justement, en relations publiques,
mais moi, quand c'est arrivé, je me suis dit que ce n'est pas un hasard.
Avec « demurred », justement, ce n'est pas un terme qui est employé tant couramment.
« Cutesy » non plus.
Je pense que c'est pour ça que ça a eu une espèce
d'accroche, c'est un hameçon.
En fait, le principe de l'hameçon
culturel, c'est que pour hameçonner les gens,
il faut que tu retiennes leur attention.
Il faut que tu présentes quelque chose de légèrement
à côté de la plaque, légèrement uncanny,
légèrement weird.
Very demure.
Ouais.
Et voilà, c'est ça.
J'essayais comme d'analyser
genre deux artefacts,
mettons, des médias sociaux
que j'ai consommés hier,
avant-hier.
To be continued.
To be continued.
On va rester tapine
dans l'hyper-réalité
qu'il y en a quand même
tout le temps partout.
En fait, c'est juste
l'état constant des choses.
Moi, je veux parler...
J'ai appelé ce segment
DNC Chapel Room
et notre rapport à la célébrité ».
C'est ça le titre.
Je pense que...
C'est quoi, DNC?
Convention nationale du Parti démocrate.
Le Democratic National Convention.
Puis avant de commencer dans le Joe,
c'est vite juste une anecdote intéressante
qui va être drôle pour les gens.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet,
s'est vanté sur Twitter
qu'il avait été invité par le Parti démocrate pour assister
à la convention du Parti démocrate.
C'est vanté sur Twitter.
« Hey, je suis invité là-bas, tout le monde,
venez, genre,
on va représenter le Québec comme à la convention
du Parti démocrate. » Il se présente
là-bas le jour 1. Finalement, il arrive
pas à avoir accès à la pause, puis
il pause ce qui est dans sa chambre d'hôtel,
puis il regarde la convention dans un hôtel, puis après, le lendemain, il parle à la radio, puis il pose ce qui est dans sa chambre d'hôtel, pis qu'il regarde la convention dans un hôtel,
pis après, le lendemain, il parle à la radio,
pis il admet qu'il s'est pas fait
invité, mais c'est lui qui a écrit
pour y aller. Pis là, comme les
conservateurs ont repris ça, pour faire en sorte
que, comme, ah, vous voyez comment c'est un loser, dans le fond,
c'est tellement du fan behavior. Fait que là,
le lendemain, il réussit à avoir accès à une passe,
pis là, il postait, genre,
1000 photos de lui avec sa passe
comme accès
VIP genre pis c'est comme un
chef de parti politique, y'a des élections bientôt
comme le Bloc québécois est dans la dérape
pis le chef c'est genre une joke
mais c'est quand les élections fédérales?
moi j'aurais tendance à, si je fais un guess
je pense que ça va être en avril
c'est mon guess, je pense que c'est juste
avant l'été mais pas assez tard pour qu'il ressiège, pour que la sermentation se fasse avant l'été. C'est
ma théorie. Je pense pas que ça va aller à l'automne l'année prochaine, mais tout dépend
des sondages. Fait que revenez à ce clip quand les élections ça va être le 22 avril 2021. Juste
après le 4 juin, Justin va fumer un joint. Anyways, fait que là, c'est juste ma parenthèse sur Françoise Blanchet,
mais pour vrai, moi je veux parler aussi, là on va écouter un TikTok,
le TikTok de Chapel Room, qui parle de sa relation avec ses fans,
pis d'être en public, pis de recevoir de l'attention,
pis elle a vécu des histoires de harcèlement, de gens qui la suivent,
les gens qui...
Donc popstar avec une ascension quand même assez spectaculaire,
autant que demure.
En l'espace de quelques mois, elle a passé de quelques centaines de milliers d'auditors
sur Spotify à 40 millions. Elle a fait le spectacle le plus rempli du festival Lollapalooza
cet été à Chicago. Donc c'est vraiment comme une ascension fulgurante. Elle est allée
sur TikTok pour nous dire que... I need you to answer questions. Just answer my questions for a second. If you saw a random woman on the street, would you yell at her from the car to your time because she has her own time?
Would you stalk her family?
Would you follow her around?
Would you try to dissect her life and bully her online?
This is a lady you don't know.
And she doesn't know you at all.
Would you assume that she's a good person? Assume she's a bad person? Pis je la cite Fait qu'elle met de l'avant l'idée que c'est une personne normale.
Puis ça, en fait, c'est un discours...
Quand elle a sorti ça sur TikTok, là, tout est multiplateforme.
Fait que sur Twitter, le discours, ce qui revenait beaucoup, c'est « elle est pas built for this ».
Cette personne-là, elle est pas construite, elle est pas faite pour être une personne célèbre.
Mais je pense que les gens oublient aussi que la célébrité, ça l'a beaucoup changé depuis
20 ans.
Je veux dire, moi, à l'époque, je lisais...
Je lis depuis longtemps,
ça fait longtemps que j'écris, puis les auteurs que
j'aimais, j'avais pas cette opportunité
de les direct messages sur Instagram.
La vision du rôle de star
d'une artiste, parce que c'est vraiment différent.
Elle, c'est une artiste, mais elle a un rôle de star.
Et en fait, genre, le contraire total de qu'est-ce que J-Lo met de l'avant. C'est comme, je trouve, c'est vraiment différent. Elle c'est une artiste mais elle a un rôle de star et en fait genre le contraire total
de qu'est-ce que JLo met de l'avant. C'est comme je trouve c'est comme... Mais c'est deux époques tellement différentes. Exact.
Ouais. Elle qui... JLo qui veut être considérée comme une star pis elle qui veut être considérée comme une personne normale.
Je pense que ce qui énerve le plus Chapel Roan, c'est mon
interprétation de son message parce qu'elle mentionne très brièvement que les gens vont aller « write » qu'elle a été mise. Je pense que
c'est la culture
qui se développe. Reddit,
tu vas sur Reddit dans les espèces de
forums et tout, puis là tu te dis « Oh my god,
si j'étais bête une fois au magasin
puis que je deviens célèbre, la personne
va aller l'écrire dans le forum. »
C'est ça, c'est que c'est la culture qui se développe
beaucoup au Québec aussi, de publier sur
Internet le fait qu'on a croisé une personnalité publique.
Puis comme, by the way, moi j'ai croisé la première fois, genre,
comme une auditrice de Café Snake qui a été vraiment gentille.
J'espère que j'ai comme pas été bête à l'épicerie.
C'est plus bien que genre...
Les réseaux sociaux ont juste brisé le mur entre genre les stores puis les influenceurs,
puis entre eux, toi tu parles des auteurs que tu peux pas aller voir.
Mais là, il y en a plus.
Mais je pense qu'il y a moins de barrières, mais c'est aussi la plus jeune génération,
tu vois j'étais jeune, il y avait pas de réseaux sociaux, il y avait pas de médias sociaux,
j'ai comme un rapport différent avec les gens que j'admire ou que je respecte,
mais les plus jeunes générations, ils ont jamais vécu cette espèce de...
De distance, exact.
Ouais, pis ils ont un autre rapport qui est, je trouve, plutôt problématique.
C'est ça, c'est parce qu'on pourrait croire que
les artistes qui vont avoir le plus de succès maintenant,
c'est les artistes qui vont adopter la stratégie
du créateur de contenu.
Ça veut dire qu'ils vont traiter ses abonnés numériques comme une
communauté de Youtubers, qui s'adressent à eux
en parlant comme Chapel Run fait, qui vont
parler de leurs opinions, qui vont parler de leur vie
privée. C'est ça qui va être la recette
pour avoir une communauté engagée.
Mais ça, c'est pas gage nécessairement de succès. Parce que mettons Beyoncé. Beyoncé, elle
parle trois fois par quatre ans, pis c'est quand qu'elle gagne un Grammy. Elle parle
jamais. Si Beyoncé s'exprime, en fait, ça va être par l'entremise d'une source
leek proche de Beyoncé. Pis là, c'est genre dans un article de tiens. C'est comme
ça que Beyoncé s'exprime. Mais pourtant, elle a encore une fanbase.
Le problème aussi, là, c'est que ça dépend des enjeux économiques qui sont liés à ton art.
Mais mettons, en écriture, des fois, juste le fait d'avoir un gros following,
d'avoir déjà une communauté, ça va t'amener à signer un contrat d'édition.
Ou, par exemple, tu vas participer à des festivals, blablabla,
puis les gens s'attendent à ce que tu partages les événements
qui vont profiter de ta propre visibilité, de ton propre réseau.
Fait que t'es amené, toi,
genre, sérieusement, t'as beaucoup, beaucoup de pression maintenant, en tant qu'artiste,
à avoir une présence numérique, puis
à l'entretenir, cette présence-là.
C'est que moi, je pense que l'affaire, c'est pas nécessairement
le gage de succès de faire ça, parce que c'est pas tout le monde
qui a ce skill-là. Je pense que, qu'est-ce qui est
important, c'est pas nécessairement d'être présent,
mais d'avoir une stratégie, une intentionnalité,
puis une connaissance numérique,
de savoir comment créer
un aura, littéralement,
on parle des auras, mais qui va pas...
— Allez lire mon article dans la presse.
— Allez lire son « number one trending » dans la presse,
qui est intentionnel. Je pense que
Chapel Roan, elle, ce qui est fait, qui est brillant,
c'est qu'elle a créé cette idée que
elle, son personnage, Chapel Roan,
c'est un personnage. Quand elle est pas en costume, quand elle est pas dans des fonctions artistiques, ben, c'est pas'elle a créé cette idée que, elle, son personnage, Chapel Roan, c'est un personnage. Quand elle n'est pas en costume, quand elle n'est pas dans des fonctions artistiques,
ben, c'est pas Chapel Roan. Vous êtes devant moi.
Ça, c'est comme une stratégie de quelqu'un qui sait, qui vient de l'Internet, je pense.
Puis, c'est pour ça qu'elle a fait le brillant move de aller s'exprimer à la caméra
en tenant son sel sur TikTok.
Ça, en fait, qu'est-ce qu'elle a fait avec ça,
c'est qu'elle a, genre, juste dédouané toutes ses actions pour le futur.
Parce que, prochaine fois que quelqu'un va écrire
sur internet, hey j'ai vu Chapel Ronde, elle m'a ignoré
ben tout le monde qui l'aime Chapel Ronde va faire
hey t'es weird d'être allé y parler
tu comprends, fait que c'est préventif dans le fond
je pense pas qu'il y a autant d'intentionnalité là-dedans
mais genre c'est quelqu'un de très internet sa vie, Chapel Ronde
pis genre juste... Ben elle a comme 26 ans
Dans une économie de l'attention, genre le rôle de la
personnalité publique est pas mal au centre
de tous les aspects de la société. On va avoir le rapper loud qui va faire un rap
pour nous dire de nous vacciner, pis on va avoir une publicité où est-ce qu'un humoriste nous dit
de pas boire la fin de semaine. L'attention qu'on donne aux personnalités publiques est utilisée,
tu peux l'utiliser dans tous les aspects de la société, c'est comme notre level principal pour
passer du messaging à la population. Mais t'sais, je peux-tu rajouter
quelque chose? Ben oui.
Moi, il y avait toute cette histoire au début de l'année, il y a comme un an, l'été passé, où les chanteurs en show se faisaient lancer
des objets. Puis moi, j'ai pensé que c'est peut-être en lien avec le fait que dans les lives, que ce soit
sur Twitch, les streamers, whatever, sur TikTok, pour récompenser ton streamer, tu peux lui lancer
des cadeaux. Puis ces cadeaux-là,
c'est une forme d'interaction que t'as
avec la personne que t'admires
ou que tu supportes. Pis ça va souvent venir
s'accrocher à son corps
pis la personne, en réponse,
va venir te remercier.
Fait que c'est ton petit 5 secondes de gloire,
mettons. Pis on est tellement habitués à avoir
cette interaction-là,
qu'on s'attend à ce qu'on puisse interagir avec la chanteuse ou le chanteur pendant le show.
On va faire la même chose, on va leur lancer des objets.
Parce que je dirais que la présence des personnalités publiques est présente dans tous les aspects de la société.
Un des endroits où est-ce qu'on l'a le plus vu, c'était dans les 4 derniers jours à la Convention nationale démocrate.
À chaque jour, il y avait une nouvelle célébrité qui était sur le grand écran,
qui s'avoue des sportifs,
aux chanteurs, à Pink qui performent,
à chaque état qui se fait introduire
par une chanson thème de leur état,
à des rappeurs qui viennent performer,
qui viennent donner des speeches,
à Oprah qui vient donner des speeches.
C'est intéressant parce que les acteurs ont, genre,
pendant tout le temps été dans la vie politique.
Leur rôle institutionnalisé, par exemple,
c'est différent, genre, associé à un parti.
Genre, les artistes, c'est politique.
Il y a des artistes qui vont avoir des takes politiques,
faire partie de l'institution du Parti démocrate,
puis être invité là-bas pour aller parler.
C'est comme, je trouve, c'est différent que s'inscrire politiquement.
Ben oui, c'est une instrumentalisation.
Exact.
Que ce soit genre Lil Jon qui va annoncer les votes pour la Géorgie
ou Beyoncé qui libère les droits pour sa chanson pour Kamala Harris,
est-ce que le endorsement des célébrités, ça aide vraiment la campagne politique de quelqu'un?
Moi, je pense pas nécessairement que ça aide la campagne politique des gens. Est-ce
que le fait qu'Émile Bilodeau a fait du porte-à-porte avec Gabriel Alain-Dubois a
changé le vote de quelqu'un? Je pense pas nécessairement. Pour, genre, l'épisode,
j'ai comme lu un paper, genre, du paper du H Center of Democratic Governance and Innovation du Harvard
Kennedy School.
Celebrities strengthening our culture of democracy
a study on the impact of
celebrity engagement on civil
civic participation. Puis dans cet article,
dans ce paper, whatever, elle, elle va
juste nommer tous les exemples où est-ce que
des célébrités se sont impliquées. Pas toutes,
mais elle va faire un case study. Elle va en utiliser
plusieurs case studies pour voir comme l'implication
pis leur impact, pis elle part au civil rights
movement, où est-ce que genre du monde comme Jackie Robinson,
Frank Sinatra, Aretha Franklin,
Nina Simone, se sont aidées à genre
rassembler les troupes pis à ramasser de l'argent.
Ça c'est comme du organizing, ça c'est
quelque chose qui a un impact direct dans utiliser
le rôle de la célébrité. Encore comme les
influenceurs qui ont
fait comme un gros stream
pour ramasser des fonds
pour la Palestine.
Pour la Palestine, exact.
Creators for Palestine.
Ouais.
Mais après, elle va mettre ça
en contraste avec en 2018
quand Taylor Swift a genre juste dit
tout le monde « register to vote ».
Puis elle a juste mis sur son Instagram
« register to vote ».
Elle a dit genre c'est important de voter.
Elle a mis le lien de voteur.org.
En 24 heures, il y a eu 65 000
nouveaux registrations.
Et en 72 heures, 250 000.
Cette étude, elle parle vraiment
du site d'Harvard, elle parle vraiment de la mobilisation
des célébrités dans le processus civique. Donc, juste
encourager les gens à voter. Puis, je pense que c'est
plus réaliste. Puis, c'est ça, l'étude a conclu que
ouais, ils ont un impact dans l'organisation des gens.
C'est ça, je suis juste le rôle des célébrités dans le discourse
puis la prééminence qu'on leur donne. Parce que beaucoup
des célébrités qui ont été utilisées dans les
quatre derniers jours, c'est des gens qu'on pourrait être considéré qui sont plus connus
dans les sphères afro-américaines. J'ai beaucoup le discours qui revient souvent qu'une trop grosse
place dans la société civile est donnée justement à l'avis de ces célébrités-là et à pour qui ils
vont voter. Tandis que si on les écoute eux, c'est pourquoi qu'on n'écoute pas d'autres gens. C'est
tout en ce qui revient. Ouais, mais en temps, moi, dans ma tête, les figures politiques sont aussi des célébrités.
C'est aussi une forme de divertissement pour moi, la politique.
La limite est vraiment confuse.
Pour moi, c'est vraiment une forme de divertissement, comme for sure.
Dans la mesure où on est dans une forme d'hyper-réalité, la politique, ça devient un spectacle.
Ça devient, comme je te disais, l'idée de démocratie,
on nous fait croire que, bon, on a une forme de pouvoir souverain
sur les décisions qui sont prises, mais c'est pas vrai.
Juste au Québec, comme il est pas proportionnel le vote,
est-ce que véritablement c'est la volonté du peuple
qui s'exprime lors des élections? J'en doute.
Ben c'est ça. Un autre chose qu'elle disait dans son paper,
Ashley Spillane qui a écrit le paper, qu'une des fonctions que les célébrités parlent de politique, comment ça a été utilisé,
c'est justement de rapprocher les électeurs de la politique en voyant une personne care à propos de
voter, ça leur fait croire que eux aussi leur vote a un impact, c'est genre une personnification de
l'importance du vote, parce que si cette personne croit que c'est important
de voter, ben ça veut dire que la démocratie elle fonctionne, genre elle sert à quelque
chose. Moi juste pour revenir à cette idée-là de comme, cette idée-là en fait sur les
célébrités, leur rôle dans la communauté afro-américaine, ça vient, quote famous
genre de Malcolm X, pis là je vais la faire jouer en anglais, mais comme je peux la traduire... Montrez-moi dans la communauté blanche
où un numériste est un leader blanc.
Montrez-moi où est-ce que dans la communauté blanche
un chanteur est un leader
ou un danseur ou un joueur de trompette ou un joueur de baseball est un leader blanc. Montrez-moi où est-ce que dans la communauté blanche, un chanteur et un leader, ou un danseur,
ou un joueur de trompette, ou un joueur de baseball
et un leader. Ces gens-là, c'est pas des leaders,
c'est des marionnettes et des clowns
qui ont été set-up par-dessus la communauté
noire, par la communauté blanche,
pis ces célébrités-là, habituellement,
ils vont dire exactement ce que l'homme blanc veut
entendre. Justement, la célébrité était
gatekeepée par des institutions
qui sont contrôlées par du pouvoir.
Le pouvoir. Fait que, dans le fond...
La suprématie blanche.
Exact. Ce sentiment-là, il va...
Quand des Oprah va aller
parler ou quand Stephen Curry, hier, a parlé,
c'est le joueur qui a fait gagner les États-Unis
aux Olympiques de basket. Quand lui va...
On va ressortir cette cour de Malcolm X
pour faire comme... Pourquoi c'est à eux qu'on donne
de l'importance dans notre société? Pourquoi c'est à l'opinion de Steph Curry.
Puis je prends cet exemple de la communauté afro-américaine parce que c'est, dans le fond, à la base de la culture populaire américaine, il y a la culture afro-américaine.
Donc le fait que c'est ça la stratégie de mobilisation des célébrités du Parti démocrate passe par cette culture, c'est encore d'actualité la cour de Malcolm X parce que les conditions en fait sont encore présentes. Oui, la position
des joueurs de basket ou des célébrités
est importante parce qu'ils ont une responsabilité qui est
encore importante, mais je pense que
ce que je pense remarquer, c'est le rapport à ça
est vraiment plus critique. Quand Megan
DeStallion performe avec Kamala
ou quand Cuervo performe, moi, qu'est-ce que
je vois dans le discours, c'est beaucoup de gens qui disent
« Ouais, c'est avec ça que vous voulez gagner mon vote. »
Mais après, moi, je pense que c'est juste
cette course à trouver des célébrités
et quand les républicains le font, dans le sens
qu'on peut comparer les deux en ce moment, Trump,
qui, dans les trois dernières semaines, a complètement
embraced un côté de l'Internet qui
strive depuis des années. Il a fait un stream avec
Eden Ross, il a fait une podcast avec
Thiel. Ok, là, on a parlé du Zinternet.
C'est durant notre
premier épisode, je pense. Oui, je pense. Donc, c'est une sphère de l Zinternet. C'est durant notre premier épisode, je pense.
Oui, je pense.
Donc, c'est une sphère de l'Internet qu'on associe à un produit de nicotine,
des petites pouches de nicotine.
Puis ça, il est allé dans le Zinternet.
Complètement.
Il est allé faire un stream avec le streamer Aiden Ross,
qui est banni de Twitch.
Il est allé faire une podcast avec Thio Vann.
Thio Vann, je ne le catégoriserais pas comme de droite ou de gauche,
mais il a fait une podcast avec Bernie Sanders la semaine passée. Il parlait de théorie marxiste avec Bernie Sanders.
C'est-tu la première fois que Trump intègre le milieu du streaming? Le stream de Aiden Ross?
Ouais, c'était la première fois qu'il faisait un stream. Mais plus, tu sais, qu'il va se mêler aux streamers,
donner des entrevues, c'était-tu ça en 2016?? Non il n'a pas fait de stream
la campagne de Trump, quand ils font ça
quand des célébrités décident d'assister à Trump
il n'y a pas ce pushback des fans de Trump
comme mettons quand Shade Room a posté
Stephen Curry qui endorse Kamala Harris
tous les commentaires étaient comme
pourquoi qu'il guette politique, moi je veux pas que
Stephen Curry devienne politique
le joueur de basket
mais quand Trump va dans le stream à
Aiden Ross, les fans de
Trump adorent ça et sont tellement
contents que Trump ait accès à ces
plateformes-là. Fait qu'il y a comme une différence
dans le rapport qu'on a à la célébrité à gauche
puis à droite. Mais je pense
qu'à gauche aussi,
on va mettre des gros
guillemets, il y a quand même cette
critique interne
de la position du parti sur plein de dossiers,
notamment la Palestine.
Fait qu'en ce moment même,
même des gens qui vont voter démocrate
ou des gens qui ont déjà voté démocrate dans le passé
qui voteront pas,
ils sont très, très critiques de ce parti.
Fait qu'il y a comme une répulsion à s'associer à eux.
C'est juste comme, tu sais, il y a ce
discours-là de lesser of two evils, donc deux diables c'est quel qui est le moins dangereux.
On veut pas voir nos idoles, nos stars, nos chanteurs préférés se faire instrumentaliser
par un parti politique. Qu'est-ce que je veux dire, c'est dans le rapport qu'on a au Cueillon,
en fait, parce que je suis pas américain, mais le rapport que j'observe avec comment qu'on parle des célébrités,
tu sais, avec la Cour de malcommer, c'est comment la communauté afro, la culture, genre,
ils sentent qu'ils se font prendre pour des caves.
Pourquoi vous voulez que... Ah, parce que mon joueur de basket préféré vote pour Kamala Harris,
vous voulez que moi je vote pour Kamala Harris, ils se font pas prendre au sérieux,
dans le sens qu'ils se préféraient parler de réduire la brutalité policière, parler, augmenter leurs conditions
matérielles au lieu de faire comme regarde Steph Curry vote pour moi, genre fait que vote pour moi.
Je pense que c'est plus ça comme le discours de fond sur la critique de mettre les célébrités de
l'avant. C'est comme tout ce que tu as à offrir dans le fond c'est que Oprah est allée faire un
speech. Tandis qu'avec Trump, c'est juste
on veut juste gagner.
Welcome to the train, Eden Ross.
On s'en fout un peu des policies de Trump, on aime juste
le aura de Trump, aura qu'il
perd. En ce moment, si vous voulez
vous intéresser vraiment à la campagne américaine,
allez lire sur, il y a des articles,
il y a un article qui est sorti dans le Washington Post
sur genre les
Grouper Wars qui a été déclenché par un réactionnaire de droite, d'extrême droite, même Nick Fuentes,
c'est littéralement un néo-nazi, qui est fâché contre la campagne de Trump,
qui a envoyé son armée numérique.
Il dit qu'il va ruiner les campagnes locales du parti républicain et organiser ses fans.
Ça a mené au fait que Trump a littéralement renvoyé ses deux directeurs de campagne
et a engagé les directeurs de campagne qu'il y avait en 2016
parce qu'il lui disait de pas go personal
sur Kamala Harris, puis il y a même
deux jours, Trump a fait un speech où il a dit
il me dit de pas être personnel, pas être personnel
j'ai le droit de faire des attaques personnelles
je trouve que je suis plus beau que Kamala Harris
ça c'est Trump
mais je pense que Trump, il l'a pu
puis je trouve que le DNC a vraiment misé
beaucoup la convention sur les influenceurs
il y avait beaucoup d'accommodations pour les
influenceurs, il y avait
Hassanabi qui était là-bas qui a fumé les 3
premiers jours, ils l'ont comme soudainement
mis dehors de la convention du moment
qu'il a fait un tweet
comparant la convention nationale du Parti démocrate
à Israël parce qu'ils ont laissé
parler des victimes du 7 octobre
mais ils ont interdit à des familles de
Palestiniens d'aller parler. Il a dit ça sur
Twitter pis comme deux heures plus tard il s'est fait mettre dehors
pendant qu'il se faisait interviewer par le New York Times
littéralement. Pis tu vois le journaliste
du New York Times. Hassan Abiy qui est un commentateur
politique, un streamer qui est
très suivi. Je sais pas combien de millions
de personnes qui le suivent. Là je vais revenir
c'est la fin genre. Fait que pour revenir
à Chapel Row. J'appelle ça
notre rapport à la célébrité parce que je trouve ça intéressant
comme l'idée de Chapel Row de dire que genre c'est une personne
normale. Mais je trouve que
faire comme ah les stars c'est des personnes normales
aussi, ça les déconnecte
de plein de choses dans le sens que
je trouve que c'est en contradiction un peu avec le
block out qu'il y a eu justement avec le Met Gala parce que
si c'est des personnes normales
on peut pas les keep accountable pour rien
dans le sens que
t'as raison mais moi j'ai vu un tiktok
de coeur de pirate
pis je pense qu'elle explique que peut-être
l'idée aussi c'est que la montée
de la célébrité de
Chapel Round pis sa montée en popularité
qui a été extrêmement rapide
ça l'expliquerait peut-être qu'elle n'a pas nécessairement les sous que des stars bien établis ont,
elle n'a pas l'équipe de sécurité que des stars établis ont, c'est vraiment quelque
chose qui s'est passé comme ça pis on sait pas exactement c'est quoi son contexte à
la fille en ce moment.
Mais moi c'est même pas, c'est deux aspects différents de son discours, sur le fait de,
dans la vraie vie, comment les gens interagissent avec elle, c'est une chose. Mais le fait de dire
que c'est une personne normale,
ça apporte beaucoup de poids. C'est comme, je suis pas une
star. Moi, je suis juste une personne. Mais je pense qu'elle aurait
dû dire humaine. Pis là, on aurait
compris, t'sais. Moi aussi, je suis d'accord là-dessus
sur ça. Ce que je veux dire, c'est que
notre rapport à la célébrité est comme exploité de plein
de façons. Tant par les politiciens que par les gens
qui emploient ces célébrités-là.
Les gens qui font de l'argent sur leur
dos, il est plus deep que genre
je suis juste une personne normale. Puis, oui,
je comprends qu'elle veut dire que je suis une humaine, mais
je pense que ça va être très instrumentale.
Je pense que le fait qu'elle ait planté
cette seed dans le zeitgeist,
que
c'est une personne normale, je pense
que ça va être comme réutilisé par des gens
qui vont faire comme, tu veux que je me positionne
publiquement pour ça? Tu sais pas ce que je fais dans ma vie privée?
Moi, je suis une personne comme toi, pourquoi
je te dois quelque chose? » Genre, je te dis, ça va comme...
Elle a planté une graine, puis...
C'est à observer.
Le discours va évoluer, c'est sûr,
on va monitorer ça.
Mais moi, je trouvais ça intéressant, puis ça me faisait
du bien, parce que, tu sais, à plus petite échelle,
dans un écosystème culturel assez petit au Québec
moi je trouve qu'on en hante beaucoup
aux gens qui ont une certaine
visibilité, puis c'est déjà dur de vivre
avec cette visibilité-là, je pense pas
que les stars qui fabriquent
des produits culturels, qui font de l'or
ils doivent
quelque chose aux gens qui
les écoutent, qui les aiment, qui les lisent. Dans
ma tête de poète, on ne doit rien à personne. Pis ça c'est comme en contradiction avec le
modèle du créateur de contenu dans le sens que moi d'une certaine façon, je trouve quand même
que les gens qui ont pris la décision de cliquer sur mes vidéos, pas que je leur dois quelque chose,
mais je suis quand même reconnaissant.
Ouais.
Pis si je croise quelqu'un dans la rue, je suis quand même comme « yo, merci ». Je
pense que genre, c'est la première chose que j'ai envie de dire.
Ben c'est un autre paradigme.
Je sais pas, j'ai tout fait ce long segment parce que je voulais comme mettre ces deux
choses en relation.
Je pense qu'il y a quand même, il y a de quoi à trouver.
Trouvez-le les gens qui écoutent.
Ouais, ouais, intéressant.
Mais c'était ça.
Je pense que le titre de l'épisode c'est
analyse des cousues de l'hyper réel. Bisous! Bye tout le monde! Et la musique c'est Aslo A Z L O H O T T O
Non non non! Puis ouais allez écouter sur Spotify et sur Soundcloud et à la prochaine. Bye!