Ouvre ton jeu avec Marie-Claude Barrette - #80 David Goudreault | Ouvre ton jeu avec Marie-Claude Barrette
Episode Date: November 11, 2024Rencontre avec un homme qui nomme ses inconforts avec authenticité. Il nous partage ses défis et aussi ses victoires. ** ALCOOL | DROGUES | MÉDICAMENTS Votre consommation ou celle d’un proche vo...us préoccupe? De l’aide 24/7, gratuit et confidentiel - 1-800-265-2626 ** ━━━━━━━━━━━ 00:00:00 - Introduction 00:18:55 - Cartes vertes 00:42:55 - Cartes jaunes 01:05:15 - Cartes rouges 01:14:12 - Cartes Eros 01:32:04 - Carte Opto-Réseau ━━━━━━━━━━━ L'épisode est également disponible sur Patreon, Spotify, Apple Podcasts et les plateformes d'écoute en ligne. Vous aimez Ouvre ton jeu? C'est à votre tour d'ouvrir votre jeu avec la version jeu de société. Disponible dès maintenant partout au Québec et au https://www.randolph.ca/produit/ouvre-ton-jeu-fr/?srsltid=AfmBOoo3YkPk-AkJ9iG2D822-C9cYxyRoVXZ8ddfCQG0rwu2_GneuqTT Visitez mon site web : https://www.marie-claude.com et découvrez l'univers enrichissant du MarieClub, pour en apprendre sur l'humain dans tous ses états et visionner les épisodes d'Ouvre ton jeu, une semaine d’avance. ━━━━━━━━━━━ Ouvre ton jeu est présenté par Karine Joncas, la référence en matière de soins pour la peau, disponible dans près de 1000 pharmacies au Québec. Visitez le https://www.karinejoncas.ca et obtenez 15% de rabais avec le code ouvretonjeu15. Grâce à Éros et compagnie et notre niveau rose, obtenez 15% avec le code rose15 au https://www.erosetcompagnie.com Merci également à Opto-Réseau, nouveau partenaire d'Ouvre ton jeu. Visitez le https://www.opto-reseau.com pour prendre rendez-vous dans l'une de leurs 85 cliniques.
Transcript
Discussion (0)
Bonjour tout le monde, bienvenue à ce nouvel épisode du podcast Ouvre ton jeu.
Toujours un plaisir de vous rencontrer.
Je vous rappelle que les épisodes, vous pouvez les voir d'avance sur Patreon.
Il y a différents niveaux.
Il y a un niveau où on peut échanger ensemble.
Alors, si ça vous intéresse, rendez-vous là.
Vous allez trouver Ouvre ton jeu.
Sinon, sur le Marie Club, qui est l'espace payant,
qui est une plateforme payante
où on retrouve un paquet de choses, dont
un club de lecture, des ateliers
sur plein de sujets,
où j'ai décidé un peu de faire ce que je faisais
à la télé, mais de le faire sur le
web. On a une grande liberté.
Je suis accompagnée de Sophie Préjean,
Maude Guérin et Guylaine Tremblay
à travers l'animation et
aussi le club de lecture.
Et si vous êtes membre du Marie-Club,
vous recevez les épisodes
une semaine à l'avance et ce,
sans publicité. Et
soyez assurés, Ouvre ton jeu
restera toujours gratuit
sur toutes les plateformes
dont YouTube et toutes les plateformes
qui existent de diffusion de podcast.
Ça, pour nous, c'est important que ça reste disponible pour tous.
Et comme vous le savez, en débutant chaque épisode, j'aime ça vous lire quelques commentaires
par rapport aux épisodes ou encore quand on joue avec ses amis.
On a Dominique qui parle de l'épisode d'Elisabeth Rioux, d'ailleurs, qui a été écouté par
vraiment beaucoup de monde.
On a eu énormément de commentaires.
On a des extraits qui ont été
vus près de 400 000
fois de cet épisode-là.
Alors, Dominique nous dit
« Merci Marc-Claude, grâce à ton
attention, à ton ouverture,
cette jeune femme a pu libérer sa parole,
même si cela reste difficile. Elle en avait
déjà parlé avant quand même, mais
je pense que si elle a pu en parler
davantage, bravo à
Élisabeth pour son courage et son honnêteté.
Je lui souhaite de retrouver
sa capacité à faire des choix
essentiels pour se sentir entière,
complète. J'ai beaucoup aimé apprendre la
démarche artistique
qu'elle poursuit dans son travail.
J'aime ça parce qu'Elisabeth, c'est une influenceuse, une femme d'affaires qui est toute jeune, qui n'a pas 30 ans,
qu'on connaît, il y en a qui la connaissaient, donc qui la connaissaient moins,
mais d'aller plus loin que l'image des fois qu'on peut avoir, mais de comprendre qui elle est.
Puis comme elle s'est vraiment ouverte
sur la violence physique et psychologique,
cela a fait...
En fait, ça a fait beaucoup d'écho
chez plusieurs personnes qui nous ont regardées.
On a eu beaucoup de commentaires.
Alors, bien, merci de partager.
Et il y a des gens aussi qu'on a référés
vers des centres d'aide suite à cet épisode-là
parce qu'il y en a pour qui
ça a ouvert des blessures ou encore il y avait des
grandes prises de conscience.
Et là, je parle du jeu. Il est enfin
disponible partout au Québec.
On a eu une petite période, David, où
ils avaient tous été vendus.
Il en manquait. Alors là,
on est revenus, donc il n'y a plus d'inquiétude.
Il y a Catherine qui nous dit
« Trois jours avant la fin des vacances, j'amène
sur le bord de la plage le jeu de table.
Pensant bien connaître mon ami,
son chum, mon chum, une réelle
révélation. Je pensais connaître mon ami
de 25 ans d'amitié. Tant de choses
se sont dites, autant chez nos chums
que pour nous. Et que dire
de mon ado? Il nous a parlé,
il nous a ouvert son cœur,
partagé ses émotions, ses peurs, ses craintes,
ses joies. Alors,
c'est ça que ça fait le jeu Ouvre ton jeu.
C'est vraiment incroyable.
Et quand on l'a fait devant le public,
on a reçu des gens
de la salle, on a fait des
Ouvre ton jeu express où ils répondaient à une question.
Puis en cinq minutes,
c'est fou ce qu'on apprenait
chez des gens qu'on ne connaissait pas
puis on avait envie de les connaître davantage.
Donc, ça fait son effet.
C'est vraiment incroyable que les gens jouent
avec autant de bienveillance et écoutent.
J'adore lire ces messages-là.
Je veux vous dire qu'évidemment, ce podcast-là,
je ne le fais pas seul.
J'ai Caroline Dionne qui est à la coordination,
David Bourgeois à la mise en ligne.
Jonathan Fréchette à la création numérique.
Étienne Collard à la captation.
Ils sont toujours là avec moi.
On est une petite équipe qui travaille fort
et on est très fiers de vous présenter
chaque semaine parce que ça n'arrête jamais
un nouveau podcast. Évidemment,
sans mes partenaires, je ne
pourrais pas vous présenter le podcast
sur les plateformes gratuitement.
Alors, c'est important que je les nomme Karine Jonca, plus de 1000 points de vente au Québec.
Si vous vous rendez en ligne sur le site de Karine Jonca, vous pouvez rentrer Ouvre ton jeu 15 comme code promo.
Vous aurez donc 15 % de rabais sur votre achat.
Je le dis, c'est en ligne parce que des fois, les gens disent, oui, je suis allée au magasin,
ils n'étaient pas au courant, mais il faut vraiment aller sur votre achat. Je le dis, c'est en ligne parce que des fois, les gens disent « Oui, je suis allé au magasin, ils n'étaient pas au courant,
mais il faut vraiment aller sur leur site
web. » Même chose pour Eros
et compagnie, vous vous rendez sur leur
site web avec le code
promo rose 15. Vous avez 15 %
de rabais sur un achat.
Et OptoRéseau, c'est un grand
solde annuel jusqu'à 50 % de rabais
sur plusieurs montures et ce,
du 4 novembre au 10 janvier
2025. Je les
remercie, ces fidèles
partenaires, parce qu'ils font une différence.
Et sur ce,
je vais vous laisser sur un gars
que j'ai connu quand il a commencé, ça doit faire
une dizaine d'années.
Son parcours m'avait
vraiment rentré dedans. Je l'avais reçu à
deux filles le matin où on parlait de dépendance.
Il arrivait de loin.
Au moment où le podcast va passer,
ça va faire 16 ans qu'il est sobre.
Et on sait pour quelqu'un
qui passe à travers toutes ces étapes-là,
pour quelqu'un pour qui la dépendance est un enjeu,
chaque jour, chaque année
et souligner parce que c'est
important de le dire,
parce que chaque jour est un enjeu
dans lequel on pourrait
encore sombrer dans la dépendance.
Donc, je suis fière
de le rencontrer pendant cette période-là.
Je viens d'aller voir un de ses
spectacles. J'ai adoré.
C'est quelqu'un qui a fait sa place, je trouve, rapidement
au sein de notre culture
québécoise. C'est quelqu'un dont on n'a pas envie
de se passer. Et je parle de
David Goudreau. Alors, je vous
laisse à cet épisode-là maintenant.
En même temps, l'alcoolisme,
c'est ce qui m'inquiète le plus
pour mes enfants. La dépendance.
Nous avons la dépendance parce que c'est
beaucoup plus que l'alcool. Moi, l'alcool, c'était ma drogue de choix,
mais après, j'avais une belle ouverture d'esprit
et puis j'ai arrivé à consommer des choses
où je n'ai aucune ostidité.
Est-ce que j'ai pu fumer ou consommer?
En même temps, paradoxalement,
on peut se rétablir de ça.
On n'en guérit jamais,
mais on peut s'en occuper, on peut se rétablir, la vie peut retrouver'en guérit jamais, mais on peut s'en occuper,
on peut se rétablir, la vie peut retrouver du sens,
on peut même créer des liens à travers ce mal-là.
Ouvre ton jeu est présenté par Karine Jonca,
la référence en matière de soins pour la peau,
disponible dans près de 1000 pharmacies au Québec.
Le jeu de table Ouvre ton jeu
est disponible partout en magasin
et sur rendolf.ca.
Aujourd'hui, je reçois quelqu'un pour qui
les mots ont fait une différence
dans sa vie et font aussi une différence
dans nos vies quand on les
entend par sa voix
ou par son écrit aussi.
Je suis très, très contente de le recevoir
parce qu'il est beaucoup de choses en même temps.
C'est quelqu'un qui s'est inscrit rapidement
dans notre milieu culturel québécois.
Puis on dirait qu'il a fait sa place
parce qu'on ne pourrait plus s'en passer.
Je parle de David Goudreau.
Bienvenue, David.
Salut, Marc-Claude.
Merci pour cette magnifique présentation.
Écoute, j'aurais pu en dire tellement
plus, mais je sais qu'on va se parler. Mais c'est
vrai, David, t'es arrivé,
puis on dirait que tout de suite, on est tombé en amour avec
toi. T'avais quelque chose à apporter,
quelque chose à dire. T'es venu
brasser des affaires aussi, dans
nos propres croyances.
Merci.
Ce n'est pas la perception que j'en ai,
puis je pense que pour beaucoup d'artistes
qui arrivent finalement à émerger,
on a conscience, nous, du travail derrière.
Fait qu'un artiste émergeant,
c'est souvent un artiste qui travaille fort depuis 10 ans.
C'est ça.
Mais oui, mais c'est pour ça que tu étais prêt
quand tu es arrivé aussi.
Peut-être.
Est-ce qu'on peut être prêt à cette vie-là,
cette carrière-là?
Je ne sais pas, parce que c'est tellement pas naturel.
Il y a quelque chose de très particulier dans la vie publique,
pour le meilleur et pour le pire.
Mais en tout cas, moi, honnêtement, je ne me sentais pas prêt.
Je ne crois pas que je le suis encore.
Je ne suis pas toujours à l'aise non plus.
Par contre, je ne crache pas dans la soupe.
Il y a des choses merveilleuses qui viennent avec
la vie publique, de pouvoir être entendu,
de défendre des idées, de pouvoir
aussi aider ou
juste faire sourire
des gens. Ça demande parfois peu de temps,
peu d'efforts, puis c'est super efficace
parce que les gens ont pris le temps de lire tes romans,
ton vœu à télé, peu importe, puis là,
tu deviens significatif pour une raison ou une autre,
puis tu prends le temps de les saluer ou de jaser
avec eux. Ça, c'est ce que
j'aime beaucoup. Par contre, être toujours
dans l'œil du public,
de la caméra, de la critique et tout ça,
honnêtement,
ça me déplaît. Puis
le côté intime
du travail social
me manque, parce que j'ai été longtemps
avoir deux carrières parallèles
comme travailleur social et comme artiste
en même temps. J'écrivais déjà beaucoup,
je faisais des scènes et tout. Mais le côté
deux personnes comme ça
qui se parlent, qui
s'entraident ou qui s'aident dans une
relation d'intervenant aidé
sans les caméras, ça me manque
des fois.
Moi, je suis allée voir ton spectacle.
C'est quoi le titre de ton dernier spectacle?
En marge du texte.
As-tu aimé ça?
Bien, je voulais en parler justement ici avec toi.
Moi, ça fait longtemps déjà quand je te lis,
ton écriture des fois vient nous chercher,
mais fait du bien en même temps
parce qu'on apprend quelque chose.
Et ton spectacle, c'est un mélange de poèmes,
c'est un mélange avec de l'humour.
Il y a beaucoup de choses quand on va te voir.
J'ai l'impression que dans ce spectacle-là,
on rentre vraiment dans ton univers à toi.
Tu nous amènes chez toi, qui est la scène dans ce cas-là,
mais à travers tes histoires, moi, j'ai beaucoup apprécié.
Parce que tu nous donnes ce privilège
de se sentir intelligente.
Intelligente.
Paul Valéry, le poète, disait
« Le génie, c'est celui qui m'en donne. »
Quand on se sent inclus dans une œuvre,
quand on doit embarquer, faire un effort,
puis finalement partager,
moi, c'est les meilleures œuvres d'art dans ce temps-là,
quand je sens que ça m'apporte
quelque chose, puis que j'embarque
dans le projet.
Mais tellement, parce que moi, j'étais
dans ton histoire, puis
quand ça finit, on dirait
que je ne me souvenais plus du temps
qui venait de se passer.
Mais tu as une capacité, déjà, je me disais,
comment tu fais pour apprendre
autant de poèmes,
de citer quelqu'un avec autant de facilité?
Je suis travaillant, c'est tout.
C'est peut-être ma plus grande qualité.
Je suis vraiment très travaillant.
Les gens pensent que j'ai une grande mémoire, mais dans les faits,
depuis la Coupe du monde de poésie en 2011,
quand j'ai décidé de professionnaliser finalement ma carrière,
je me suis dit que j'allais pratiquer au moins 10 poèmes par jour
à tous les jours de ma vie.
Puis d'ailleurs, ça fait partie de l'héritage que je veux laisser à mes enfants.
Ils vont avoir peut-être quelques objets, un peu d'argent,
mais il y a surtout, à travers les boîtes de photos,
les calendriers de chaque année depuis 2011,
où à chaque jour, j'ai coché 10 fois pour pour les dix poèmes que j'ai pratiqués.
Quand je ne peux pas une journée, j'en pratique
20 le lendemain. Quand je ne peux pas une semaine,
j'en pratique 70 sur la route le samedi
en montant le spectacle. Mais
je pratique au moins dix poèmes par jour pour
ne pas oublier les anciens, apprendre les nouveaux.
J'ai au-dessus d'une centaine de poèmes
dans la tête, autant Félix Leclerc,
Marie Huguet que les miens.
Puis le spectacle,
les spectacles à travers ça que j'apprends,
c'est vraiment du travail. Je ne pense pas...
Oui, forcément, il y a une mémoire qui s'entraîne
avec le temps. Mais je n'ai pas un
don mnémonique. C'est vraiment
du travail. Parce que tu n'as
jamais d'hésitation. Oui, ça peut
arriver. Oui, oui. Dans les premiers spectacles.
Mais en fait, là, avec ce spectacle-là
où j'ai eu de l'hésitation et je me suis fait souffrir des fois,
je me disais pourquoi je me fais vivre ça.
C'est le piano, parce que j'ai ajouté le piano.
Et ça, c'est difficile.
Je ne suis tellement pas un pianiste.
Je pianote.
Quand ça marche, ça marche la plupart du temps maintenant.
Les premiers spectacles, c'était désastreux.
Dans la foule, il paraît que c'était pas si pire.
Puis les gens trouvaient ça mignon,
que je me trompe, ça m'humanise.
Mais moi, sur scène, écoute,
j'en avais des sueurs froides.
Parce que tu fais pas seulement jouer du piano.
Bien, un moment donné, j'improvise en plus.
T'improvises en même temps.
En jouant.
Oui, ça, c'est le bout le plus difficile du spectacle.
Ça, c'est le bout un peu...
T'improvises, donc ta tête est dans ton improvisation
parce qu'avec des mots que les gens te donnent, et tu joues aussi du spectacle. Ça, c'est le bout. T'improvises, donc ta tête est dans ton improvisation parce qu'avec des mots
que les gens te donnent, et tu joues
aussi du piano. Mais tu joues bien
du piano. Moi, j'étais pas mal impressionnée
honnêtement, David, que tu t'es mis
au piano, en fait, pour ce spectacle-là.
C'était ça l'objectif de départ?
Je connaissais rien du piano. En fait,
quand j'ai décidé de faire ce spectacle-là,
quand j'ai su que Spectral allait m'épauler,
que ça allait être une vraie production avec un technicien de l'audio, de l ce spectacle-là, quand j'ai su que Spectral allait m'épauler, que ça allait être une vraie production
avec un technicien de l'audio, de l'éclairage, tout ça,
je me suis dit, bon, qu'est-ce que je vais ajouter
à ce spectacle-là?
Et là, j'aime tellement la musique,
puis j'ai fait des projets, j'ai fait des albums.
Mon dernier album, Le Nouveau Matériel,
était cœurant, co-produit avec Manu Militari.
On n'en a presque pas vendu.
Il n'y a pas eu la couverture qu'il méritait,
mais c'est correct parce que c'est un bel album.
J'en suis extrêmement fier.
Puis j'ai collaboré avec plein de musiciens.
Mais moi, je ne jouais pas de musique,
mais j'aime la musique, puis j'aime collaborer
avec des musiciens, puis j'aime écrire des chansons,
monter des projets, tout ça.
Et là, je me suis dit, bon, c'est l'occasion.
Nouveau spectacle, j'apprends à jouer du piano.
Je mets des notes là-dessus.
Je vais faire des cours privés, je vais me pratiquer.
Je m'achète un piano. Et Manon Bloin, jouer du piano, je mets des notes là-dessus, je vais faire des cours privés, je vais me pratiquer, je m'achète un piano.
Et Manon Bloin, prof de piano exceptionnel,
une grande âme d'une patience incroyable
qui m'accompagnait à la fin.
C'était des deux heures par jour, à tous les jours,
que je pratiquais.
Elle venait chez moi pour m'aider.
Et j'ai découvert que oui, je peux jouer de la musique.
Je ne me considère pas comme un musicien, je ne me considère pas comme un pianiste, mais bon, chez Lélie Nott, j'ai appouvert que oui, je peux jouer de la musique. Je ne me considère pas comme un musicien,
je ne me considère pas comme un pianiste,
mais chez Lelina, j'ai appris quelques morceaux.
Je mets des poèmes dessus.
Certains sont, je dois le dire, ça marche.
Le poème de Anne Hébert que je mets sur une musique de Gabriel Fauré,
c'est comme wow, quand j'ai trouvé ce poème-là,
qui allait avec cette musique-là, c'est l'épiphanie.
Moi, je suis dans mon salon, je joue,
je suis comme, OK, oui, ça marche,
ça rend honneur au texte,
ça magnifie les mots d'Anne Hébert.
Donc, oui, allons-y.
Puis bon, il y a cinq petits morceaux comme ça.
Donc, tu vois, ça, c'est un défi au niveau de la mémoire,
retenir toutes ces notes-là, apprendre à jouer en un an.
Ça, ça a été un vrai, vrai défi.
Puis ça n'a pas été facile.
Je ne te mentirais pas.
Puis les premiers spectacles, quand j'ai découvert,
d'ailleurs, une vraie pianiste m'a dit,
oui, oui, ça, c'est normal.
Quand tu joues devant le public, ce n'est pas la même chose.
Mais moi, il n'y a personne qui m'a informé de ça.
Je jouais devant ma blonde, mes enfants.
Tout, tout, tout, tout.
OK, je suis presque prêt pour le spectacle.
Allons-y.
Je suis arrivé devant 600 personnes.
Pling, pling, pling, pling.
Wow, ce n'est pas la même chose.
Donc, ça a quand même pris.
Heureusement, il y a des spectacles de rodage.
Puis là, j'ai appris à me faire confiance.
Puis maintenant, j'ai du plaisir à jouer.
Puis quand ça marche, ça ajoute quelque chose.
Mais c'est ça, je trouve que ça apporte
une dimension intéressante à ce que tu fais.
Vraiment, c'est un superbe spectacle.
C'est un spectacle qui fait du bien.
Et moi, c'est...
Puis il n'y a pas de malaise.
On est juste bien dans ton spectacle
puis on t'écoute, on apprend
moi j'ai appris des affaires sur toi, peut-être qu'on va en reparler
à travers le jeu, mais...
Et la première partie, à quel point c'est merveilleux
Geneviève Rio qui vient
bien oui, Geneviève
mais ça m'a rentré dedans
ben oui, c'est là pour ça, j'espère que ça rentre dedans
elle raconte qu'elle s'est faite poignarder 18 fois
qu'il a fallu qu'elle se batte
avec un débile, un agresseur, pour survivre.
– Quand elle arrête,
pour le dire, parce qu'au début, elle commence, après ça,
elle arrête, je m'appelle Geneviève Rioux,
j'ai été agressée, bon, laissée pour morte
à Sherbrooke. Là, c'est comme, à faire,
c'est bouleversant.
Et Geneviève Rioux,
c'est aussi ton amoureuse.
– Absolument, c'est ma conjointe depuis 4 ans.
À peu près, ça fait 5 ans que je l'accompagne
dans ses projets littéraires.
Puis depuis 4 ans, on est en couple.
Il faut savoir aussi que cette semaine,
enfin, son roman est disponible en précommande.
C'est vraiment un tel soulagement.
Ça s'appelle comment, son roman?
Même pas morte. Il faut absolument lire ça.
On a tellement travaillé.
Geneviève, surtout, a tellement réécrit, retravaillé.
Il a fallu qu'on se batte pour des enjeux légaux.
Il a fallu qu'elle soit d'une force incroyable,
encore une fois,
juste pour pouvoir utiliser son expérience de victime.
Mais elle n'est pas une victime.
C'est vraiment une survivante, une guerrière.
On parle quand même d'une tentative de viol
d'un gars cagoulé qui saute dessus chez elle
puis qu'elle le botte
carrément, elle dit « décalisse » puis elle saute dessus
puis elle poignarde. Elle se bat sur deux étages,
18 coups de couteau, laissée pour morte.
Elle survit
et elle a réussi à en faire
un magnifique recueil de poésie,
« Survivace », disponible chez Mémoire d'en Crier. Et elle a réussi à en faire un magnifique recueil de poésie sur Vivace, disponible chez Mémoire d'un crié.
Et elle a transformé ça en fiction.
Elle a réussi à en faire un roman,
mais évidemment, en puisant dans sa vérité.
La fiction est toujours une façon de dire une vérité aussi,
en puisant dans son vécu.
Et là, il fait un roman.
Puis ça se lit tout seul.
J'ai eu la chance de collaborer au travail d'édition,
puis je l'ai relu plusieurs fois,
puis à chaque fois, je trouvais d'autres couches de sens,
puis j'étais comme « wow, OK, ça marche, ça marche, ça marche. »
C'est sûr qu'on va en parler dans le Marie-Club.
Le Marie-Club, on a un club de lecture,
et c'est clair qu'on va en parler,
parce que c'est faux, justement,
mettre ces histoires-là de l'avant,
de survivante, comme tu dis.
Oui, exact.
Alors, voici le jeu.
Tu as les cartes vertes qui sont des cartes d'ordre général.
C'est moi qui commence.
Véritaux conséquences.
Oui, c'est ça, tu sais.
Les cartes jaunes, c'est des cartes qui commencent à être un peu plus personnelles.
Les cartes rouges, on arrive plus
dans la zone intime et personnelle.
Cartes héros et compagnie, tu auras
compris, c'est sensuel et sexuel.
Et j'ai toujours... Ah, j'ai pas ma carte Joker
oh mais je vais la prendre quand même
c'est bizarre ça, on va peut-être me trouver une carte Joker
je vais utiliser
il me manque une carte Joker
et on a la carte OptoRéseau
c'est toujours une façon
de bien finir le podcast
alors voici, on me donne
la carte, merci Caroline
la carte Joker Merci Caroline.
La carte Joker. Donc à n'importe quel moment,
David, tu peux me demander,
je peux te poser une question,
dire ok, c'est correct, on passe à l'autre et je vais t'écouter.
Je vais changer. Donc on commence en brassant. Je dis brasser, mais il faut
le faire son gros un peu. Tu m'en donnes
cinq, je vais te les lire.
Et j'en choisis une.
Oui, et après ça, j'en choisis une. Donc, on va répondre à deux questions vertes.
Non, tu m'en donnes cinq.
Ah, juste cinq.
Oui, oui, oui.
Un, deux, trois, quatre, cinq.
Donc, je remets trois de côté.
Voilà.
Voilà.
Alors, à quel endroit te sens-tu en pleine possession de tes moyens?
Quand je me regarde dans le miroir, je vois.
Sur quel trait de caractère as-tu dû travailler? Quel est le défaut que tu ne voudrais donner à personne? Wow, c'est tout bon ça.
Donc, c'est un podcast en huit épisodes.
Oui, c'est ça.
Mais tu réponds à seulement, tu sais,
tu en choisis une dans celle-là.
Donc, l'endroit que tu sens en pleine possession
de tes moyens, quand je me regarde
dans le miroir, je vois sur quel
trait de caractère as-tu dû travailler, quel est le défaut
que tu ne voudrais donner à personne
et quelle place prend l'amitié dans ta vie?
Wow. OK.
Il y a une carte
où je pourrais aller facilement,
donc je vais en choisir une autre.
Ça va être le défaut que je voudrais donner à personne
et que je ne voudrais pas donner à mes enfants
et qui me préoccupe, évidemment.
C'est la dépendance.
C'est l'alcoolisme, la toxicomanie,
ce grand vide intérieur.
Je crois que le véritable mot d'ailleurs, c'est la déréliction,
ce sentiment de déconnexion morale et spirituelle avec le monde,
le fait de se sentir tellement seul et tellement mal
que tu as besoin de te geler ou de boire.
J'aimerais tellement que mes enfants n'aient pas à vivre ça.
Ça, c'est une inquiétude
que j'ai.
Surtout que la
maladie de la dépendance, il y a une part
d'hérédité.
On le sait,
c'est manifeste, on le voit.
Il y a un bout que tu vas le développer
ou pas selon ce que la vie va te donner,
comment tu vas réagir aux difficultés de la vie.
Mais il y a aussi une prédisposition.
Tu peux avoir beaucoup d'alcooliques
ou de dépendants dans une famille,
comme tu vas avoir beaucoup de troubles bipolaires
dans une autre.
On a tous des espèces de failles
au niveau de la santé mentale
qu'on développe ou pas.
Moi, c'est ma vision de la santé mentale,
c'est ça, c'est que t'es prédisposé
pour certains troubles.
Si
t'as besoin de prendre
des mécanismes ou que ça te plonge
dans des vulnérabilités,
puis que tu tombes dans ces travers-là,
malheureusement, souvent,
ça s'installe après, il y a un pli qui se fait,
puis t'es pogné avec longtemps.
En même temps,
j'ai eu d'autres difficultés
dans la vie,
d'anxiété, d'attachement,
d'apnée du sommeil, peu importe.
En même temps, l'alcoolisme, c'est ce
qui m'inquiète le plus pour mes enfants.
La dépendance, disons la dépendance, parce que c'est beaucoup plus que l'alcool.
Moi, l'alcool, c'était ma drogue de choix, mais après, j'avais une belle ouverture d'esprit.
J'ai jamais arrivé à consommer des choses, je n'ai aucune idée de ce que j'ai pu fumer ou consommer.
En même temps, paradoxalement, on peut se rétablir de ça.
On n'en guérit jamais, mais on peut s'en occuper, on peut se rétablir de ça. On n'en guérit jamais, mais on peut s'en occuper,
on peut se rétablir, la vie peut retrouver du sens,
on peut même créer des liens à travers ce mal-là.
Et j'ai vécu de très belles choses en rétablissement
dans les 16 dernières années.
Ça fait 16 ans cette semaine que j'ai arrêté de consommer.
J'ai vécu des choses magnifiques, mais j'ai vécu des choses vraiment rough aussi, parce que la dépendance, ce n'est pas juste de consommer. Ça vient avec beaucoup de failles,
de comportements. C'est souvent que les dépendants ont en commun beaucoup de susceptibilité,
des problèmes avec l'estime de soi,
obsession, compulsion,
de la difficulté à évaluer comme il faut
ce qu'on ressent, ce qu'on vit,
comment l'exprimer, tout ça.
Donc, je sais que c'est un mal
qui prend beaucoup de place,
mettons, dans une vie.
Je ne le souhaite pas
à mes enfants. En même
temps, je me dis, si jamais
ils tombent
dans l'alcool, dans le jeu,
peu importe la dépendance
qu'ils pourront développer,
ben, ils m'ont vu me rétablir aussi,
t'sais. Puis j'ai des amis,
ils savent, ils connaissent leurs histoires,
t'sais. Mon oncle a un tel,
il a fait de la prison.
Un autre, il consommait aussi.
Lui, qui est rayonnant.
Ou elle, qui est généreuse avec nous.
C'est une amie de papa qu'il a connue parce qu'il s'est rétabli.
Ça, c'est quand même une grande fierté aussi dans ma vie.
Mes enfants ne m'ont jamais vu en état de consommation.
Mes enfants n'ont jamais vu en état de consommation mes enfants ont jamais vu mon
regard vide détaché sous tomber un peu importe c'est une grande fierté c'est un grand facteur
de protection pour y retourner parce que je peux guérir j'ai soif souvent. Qu'est-ce que tu fais dans ce temps-là?
Je me colle sur eux.
Je me colle sur mes enfants.
Moi, c'est vraiment ma raison de vivre.
J'appelle des amis en rétablissement.
Je reprends quelques lectures qui m'ont aidé.
Je me repasse quelques phrases qui m'ont aidé. Je me repasse quelques phrases qui m'ont aidé.
Puis j'attends que ça passe.
Ça passe.
Il y a absolument... Puis rendu là aussi, c'est l'avantage de faire du temps.
Parce que c'est pas facile d'arrêter de consommer.
Puis les premiers temps, c'est encore plus difficile.
Mais une fois que t'as vécu,
c'est ta première année sans consommer.
Bon, là t'as fait Noël à Saint-Jean,
ta fête sans consommer. Après, tu continues à vivre. Là, t'as vécu des ruptures sans consommer. Bon, fait que là, t'as fait Noël à Saint-Jean, ta fête sans consommer. Après,
tu continues à vivre. OK, là, t'as vécu des ruptures
sans consommer. Après, tu continues à vivre.
OK, là, t'as vécu une tempête de marde,
une controverse,
des troubles avec ton char.
T'as pas consommé.
Toutes des raisons qui t'auraient amené à consommer.
Absolument. Fait que là, tu te retrouves, bon,
là, il y a encore quelque chose qui me donne soif,
mais soit je l'ai vécu, soit j'ai vécu pire,
soit j'ai vécu autre chose, puis je n'ai pas consommé.
Je vais-tu aller scraper tout ce temps-là,
tout ce rétablissement-là?
Est-ce que je vais prendre la chance d'y aller aussi?
Parce que je peux en crever, là.
C'est une maladie mortelle, là.
Moi, j'ai plein d'amis qui en sont morts,
puis des histoires tristes, là, incroyables.
Puis comme travailleur social,
j'en ai entendu aussi des centaines.
Mais ça tue, tu sais.
Puis j'en ai des très bons amis,
des personnes qui se rétablissaient,
qui étaient abstinents de cette maladie-là,
puis que je pensais qu'elles allaient faire
un long bout sans consommer,
qui ont rechuté puis qui sont morts.
Plusieurs.
Plusieurs.
Donc est-ce que je peux me permettre de prendre cette chance-là? Moi, est-ce que je peux me permettre
de prendre cette chance-là?
Moi, est-ce que je vais pouvoir venir?
Parce qu'il y en a qui reviennent.
Souvent, ils reviennent dans le rétablissement,
ils arrêtent de consommer,
mais c'est plus difficile.
Cette espèce de grâce que tu as,
qui d'ailleurs, moi, me fait croire
en une puissance supérieure.
Mon expérience la plus spirituelle,
la plus ésotérique de toute ma vie,
c'est le jour où j'ai capitulé
et j'ai dit, OK,
je suis indépendant
et j'ai besoin d'aide
et il faut que je confie ma vie à quelque chose
de plus fort que moi.
Puis l'obsession de consommer m'a été enlevée.
L'envie passe, mais je n'ai plus l'obsession.
À l'époque, je me réveillais
la nuit, j'avais une horloge biologique
dans le camp. Ma paie rentrait
le mercredi à minuit.
Même si je m'étais magané du
vendredi au mardi,
le mercredi, je me sacrais un peu
et je me disais qu'à soir, je dors. De toute façon,
je n'ai pas le choix. Je rentre et je
ne me rendrai pas. Je suis au lit à 8h.
À minuit et quart,
je me réveillais
et je savais que la paix était rentrée.
Je me relevais, je fonçais au bar
et je rentrais travailler le lendemain matin
à 7h30.
Des fois, j'avais le temps de me recoucher
à 2h, souvent pas.
Tu as commencé en disant
vide intérieur.
C'est quoi cette sensation-là
de vide intérieur? Ça'est quoi cette sensation-là de vide intérieur?
Ça peut prendre plein de formes,
mais c'est surtout un manque de sens, en fait.
Je dirais que c'est surtout ça l'enjeu.
C'est de te promener dans la vie.
En fait, tu vois, la vraie réponse,
c'est un manque de foi.
C'est plus qu'un manque de sens, c'est un manque de foi.
C'est pour ça, d'ailleurs,
qu'on se soigne avec la spiritualité.
Puis même la spiritualité,
c'est pas si efficace que ça.
Je pourrais te raconter... Parce que c'est abstrait?
Non, non, contrairement, c'est très concret.
Puis moi, ma spiritualité, il faut qu'elle soit concrète.
Il faut qu'elle soit concrète, c'est ça.
C'est qu'il y a une blessure, au contraire, c'est très concret. Puis moi, ma spiritualité, il faut qu'elle soit concrète. Il faut qu'elle soit concrète, c'est ça. C'est qu'il y a une blessure,
X ou Y,
peu importe, qui fait que tu n'as pas la foi.
Moi, je n'ai jamais eu confiance
que ça allait bien aller.
Je me souviens d'aussi loin
que je vais. Enfant,
j'étais anxieux, j'étais stressé,
j'avais peur qu'on m'abandonne, j'avais peur d'être trahi,
j'avais peur d'être blessé.
Puis souvent, on provoque ce qu'on craint.
Quand ça arrivait, ça me confirmait là-dedans,
puis je me suis construit avec une grande méfiance
envers moi-même, envers le monde.
Ça a beaucoup joué, puis c'est ça, c'est un manque de foi.
Donc, c'est difficile de te promener dans le monde quand tu
peux pas lui faire
confiance ou te faire confiance,
puis ça, ça peut se débalancer.
Je te raconte
quelque chose de...
Très, très rapidement, c'est de façon très
grossière, dans le sens
où on ira pas dans le détail,
mais dans le temps que je travaillais en santé
mentale, beaucoup en prévention du suicide,
il y a un psychiatre un moment donné qui m'a dit,
si tu comprends les trois principaux troubles de personnalité,
ça va t'aider à intervenir avec eux, avec elles,
et tu vas comprendre pourquoi il y a des personnes
avec qui la médication ne fonctionne pas
et avec qui il faut faire de grands investissements professionnels.
Moi, je me reconnais là-dedans. Il n'y a aucun jugement
dans ce que je vais dire.
Premièrement, il m'a expliqué,
j'en savais un bout, mais il m'a quand même
clarifié le fait qu'il y a des troubles de santé
mentale, ça prend la médication.
Tu auras beau faire ce que tu voudras,
quelqu'un qui est en psychose, quelqu'un qui fait des crises
bipolaires, qui se garroge de dépression
en hypomanie, il faut le stabiliser avec la médication. Puis après, il y a une question
d'hygiène de vie, puis tu peux faire de la thérapie, puis il y a plein de choses. Mais de l'autre côté,
qui rentre aussi dans la santé mentale, puis qui en a beaucoup, puis même, de ce que je peux voir,
il y en a peut-être plus qu'il n'y en a jamais eu, c'est les troubles de personnalité. Puis ça, les troubles
de personnalité, c'est quand tu te construis ta personnalité
avec des distorsions cognitives incroyables pour survivre.
Et ce qu'il m'a dit, c'est pourquoi est-ce que les humains,
puis ça commence dans l'enfance,
les troubles de personnalité, ça n'apparaît pas à 40 ans,
c'est ton enfance, puis il disait,
pourquoi est-ce que les gens développent
des troubles de personnalité?
Tout simplement parce qu'on ne peut pas se suicider à 6 ans.
Qu'il y a des enfants qui sont dans un tel état
de souffrance et de détresse
que leur seule façon de survivre,
c'est de changer la vision qu'ils ont d'eux-mêmes
ou la vision qu'ils ont du monde
pour pouvoir traverser ces journées-là
de non-sens incroyables.
Et dans le fond, les trois troubles,
c'est trouble dépendant, antisocial,
trouble des personnalités limites.
Dans le fond, le dépendant, lui, son rapport à lui-même,
c'est moi, je ne suis pas correct, je suis non-OK,
mais le monde est correct.
Moi, tout seul, je ne vaux rien.
J'ai appris que je suis une marde,
que je valais pas la peine d'être aimé,
d'être protégé, d'être accompagné.
Mais le monde m'intéresse. Le monde est beau.
Il y a quelque chose dans le monde qui marche.
Puis moi, tout seul, je vaux rien.
Mais si je suis avec Marie-Claude, ou si je dis que je connais Marie-Claude,
là, je prends de la valeur.
Ou si j'ai un verre ou deux dans le nez,
puis que là, je sors un peu de ma personnalité angoissée,
bien là, je deviens intéressant.
Tu as besoin de quelque chose d'extérieur à toi.
Exactement.
Puis là, c'est cette idée de remplir le vide.
Les dépendants qui nomment ce vide-là, on a besoin de remplir
quelque chose, bien c'est que ce quelque chose,
ça devrait être mon égo sain.
Mon moi
normal. Mais non.
Le moi normal, pour x, y,
raison, on l'a pas.
On est toujours en la recherche de reconnaissance,
d'amour, ça ne se remplit pas.
Donc ça, c'est le dépendant.
Le trouble de personnalité antisociale,
à peu près 80 % des
pénitenciers, incluant
les agents correctionnels et les détenus.
C'est vrai, je suis plus un ami
des deux bords d'ailleurs,
donc je fais attention, mais pour vrai, les détenus. Le trouble de personnalité antisociale, c'est l'inverse. C'est pour survivre suis plus un ami des deux bords d'ailleurs, donc je fais attention. Mais pour vrai, les détenus.
Troubles de personnalité antisociale, c'est l'inverse.
C'est pour survivre, cet enfant-là,
il a fallu qu'il se dise, moi, je suis correct,
moi, je l'ai l'affaire.
Mais pas le reste.
Mais pas le monde.
Fait que je vais me servir, je vais me gâter,
puis ma gang de tout croche, je ne sais pas comment ça marche,
mais call this, moi, je vais voler,
je ne paye pas mes impôts, je m'en crisse,
toi, tu vas faire ce que je veux, tatata.
Et finalement, les troubles de personnalité limitent, et c'est
ces personnes-là qui souffrent le plus. Ultimement,
c'est ces personnes-là qui finissent par aussi
le plus se tuer. – Le plus haut taux de suicide, oui.
– Les fameux borderline. Ben, eux,
c'est moi, je suis pas OK,
et le monde est pas OK. C'est souvent des
personnes qui ont été abusées
de x, y façons. – Il y a plusieurs tentatives,
c'est ça. Je sais pas si c'est le plus haut taux de suicide, mais
c'est eux qui ont beaucoup de tentatives de suicide. – Ils font 14, je pense,'est ça. Je ne sais pas si c'est le plus haut taux de suicide, mais c'est eux qui ont beaucoup de tentatives de suicide.
Ils font 14, je pense, tentatives de suicide.
Je ne sais pas si c'est encore ça.
C'est immense, mais c'est beaucoup.
Mais ils finissent par mourir aussi.
C'est souvent justement avec l'usure de compassion.
C'était ça aussi que le collègue psychiatre me disait,
c'est que ces personnes-là,
tous les troubles de personnalité,
tout le monde souffre, de toute façon,
ça fait partie de la vie,
mais les troubles de personnalité, tout le monde souffre, de toute façon, ça fait partie de la vie, mais les troubles de personnalité souffrent
beaucoup, souvent,
et nous font souffrir, nous font
réagir parce qu'ils sont pas bien avec eux-mêmes,
ils sont pas bien avec le monde, ils sont pas bien avec eux-mêmes
et avec le monde. On leur a appris qu'il y avait pas
de valeur et que le monde était dangereux.
Puis,
si je te balance un verre de vinaigre
dessus, tu vas être en crise
et ça va te déranger,
mais ça va s'arrêter là.
Quelqu'un qui est écorché,
qui parfois s'écorche lui-même à temps plein,
qui sabote ses relations, qui se tourmente,
qui est toujours dans le ressentiment,
peu importe, tu le garoches en verre de vinaigre,
ça fait mal pour vrai.
Ce n'est pas la même réalité.
Le savoir, ça nous permet parfois d'avoir plus de compassion,
non seulement comme professionnels pour accompagner ces gens-là,
mais quand on en a dans nos vies aussi,
ça peut nous ouvrir l'esprit et nous dire,
oui, il gosse, il est encore en train de souffrir,
de se plaindre ou de vivre des crises ou peu importe,
mais dans sa peau, c'est pire.
Parce que toi, tu as des pauses.
C'est vraiment intéressant.
Quand tu arrives chez vous le soir, c'est fini.
Lui, il est dans sa peau à temps plein.
24-7.
Donc, moi, ça m'a permis aussi
à travailler. Puis il y a des degrés aussi là-dedans.
Je pense que tu peux avoir un truc de personnalité
très fort avec plein de symptômes, plus ou moins.
En tout cas, moi,
je crois, je me reconnais
dans cette souffrance-là jusqu'à un certain point.
Grâce au rétablissement,
je suis fonctionnel, je souffre
beaucoup moins, mais
ce pli-là est encore fort.
Et pour répondre à ta question, finalement,
j'espère que mes enfants n'auront jamais
cette déréliction-là, ce vide-là,
qu'ils sauront toujours qu'ils sont suffisants,
adéquats, aimables et aimés,
puis qu'ils n'auront jamais besoin d'aller consommer
pour se donner le droit d'être, tu sais.
Voilà.
Wow! C'est quelque chose que tu viens de dire.
Puis j'imagine déjà tous ceux et celles
qui nous regardent ou nous écoutent,
on apprend dans ce que tu viens de dire
dans les trois types de personnalités.
Je pense que ça nous aide à comprendre mieux
justement certaines personnes autour de nous.
Puis ne serait-ce que pour l'usure de compassion.
Ne serait-ce que d'accueillir ces gens-là.
Puis je veux terminer peut-être avec ça,
qui est très important aussi.
Il faut faire attention à quelqu'un
qui n'a jamais été résilient pour elle devenir.
Et quelqu'un qui a toujours été résilient
n'est pas condamné à être résilient toute sa vie.
Ça, c'est le classique de l'homme fort ou de la femme
forte qui chiale jamais,
puis qui va se pendre. Tout le monde est comme...
On ne l'avait pas vu venir.
À l'inverse, parfois, tu as des gens
qui vont de crise en crise,
sont toujours dans la marne, puis là, tout à coup,
à cause qu'ils tombent sur le bon intervenant,
la bonne thérapie, une prise
de conscience, font les 12 étapes,
vont chercher une aide professionnelle,
docteur, peu importe,
tout à coup reprennent du pouvoir sur leur vie,
puis là, tout le monde est étonné. Puis même
comme travailleur social, moi, ça m'est arrivé
d'être dans mes préjugés, d'avoir des clients
que j'accompagnais, mais en mode
cadre de sécurité,
on l'accompagne dans sa détresse
le plus longtemps possible, puis qu'un moment donné,
la personne rebondit.
Puis moi-même, comme professionnel,
j'étais étonné.
Wow! Ça, c'est un comportement
très adéquat. Quelle belle demande
d'aide elle vient de faire.
Wow! Donc, il ne faut pas
perdre espoir avec les gens
qui sont toujours dans le trouble,
mais il ne faut pas non plus prendre pour acquis
que ceux qui vont bien vont toujours aller bien.
Oui, le son de vie.
Il faut se rappeler de ça, tu as raison.
Rappelons-nous ça.
Quand je me regarde dans le miroir, je vois.
Ah, tu vois, ça, c'est celle que je n'aurais pas prise.
Quand je regarde dans le miroir,
je vois un vieux monsieur
qui a pris la place de ma face.
OK.
Non, non, c'est pas vrai.
Mais tu sais, on vient de parler
de toute la question d'estime de soi.
Pour moi, ça va toujours être un enjeu.
Qu'est-ce que je vois
quand je prends le temps de me regarder sérieusement? En fait, tu vois, ça. Qu'est-ce que je vois quand je prends le temps
de me regarder sérieusement?
En fait, tu vois, ça, c'est justement
un aspect de ma personnalité
sur lequel je dois travailler.
C'est d'être juste,
parce que je peux être très dur
envers moi-même, puis parfois même
envers mes proches, parce que je suis exigeant.
Quand je sais que quelqu'un peut faire
quelque chose, je m'attends à ce qu'il le fasse. Quand je ne suis pas satisfait de moi, je peux être cruel
aussi envers moi-même. Et j'ai appris quelque chose d'intéressant. Pour moi, la racine
étymologique des mots, c'est super important. J'aime apprendre d'où viennent les mots. J'ai
appris que le mot « humilité, ça vient de humus, terre.
La terre. Être humble,
c'est être terre à terre, savoir les
pieds sur terre. Quand je me
prends pour meilleur que je suis ou que je me place
au-dessus des autres, je ne suis pas humble.
Quand je me place en dessous de ce que je suis,
de ce que je vaux, je ne suis pas humble non plus.
L'humilité, ce n'est pas l'humiliation.
Donc,
si je suis humble et que je me regarde pour vrai qu'est ce
que je vois ben je vois un gars qui a beaucoup vécu en fait je pense que j'ai beaucoup vécu
même que parfois dans des moments de fatigue j'ai les derniers mots d'Emmanuel Kant qui me
vient en tête ce grand philosophe dont les dernières paroles ont été
« C'est suffisant.
C'est assez. »
J'ai beaucoup vécu.
Plein de choses magnifiques
et extrêmement dures aussi.
Et
de l'autre côté,
j'ai envie de me le donner.
J'ai été courageux.
Je pense que malgré tout, malgré mes erreurs, mes maladresses, malgré tout ce que j'ai pu faire comme détour inutile dans ma vie, j'ai quand même eu le courage de tenir mon bout, de respecter mes opinions. Parfois, quand je me trompais, de changer d'opinion,
d'accompagner des gens en cours de route
dans des situations qui pouvaient demander du courage aussi,
de vivre.
Juste d'arrêter de...
On revient à ça, mais c'est tellement important dans ma vie,
juste d'arrêter de consommer, ça demande un courage
incroyable.
J'ai une amie, Isabelle,
qui un jour m'avait dit cette phrase-là,
je ne sais pas si elle en est
la signataire,
mais dans tous les cas, ça avait du sens pour moi
que ça vienne de sa bouche à elle.
Elle m'a dit,
« Choisir d'arrêter de consommer, choisir de se rétablir
c'est un geste radical
d'amour envers soi-même
wow
c'est un saut qualitatif
puis moi j'ai eu besoin de le faire par rapport
à la consommation, j'ai eu besoin de le faire
par rapport à l'univers
culturel, littéraire
j'ai eu besoin maintenant de faire un saut qualitatif de
me dégager complètement de dire non à du monde a des choses à des mensonges a déjà fallu que
vraiment je tourne la page sur ce que je voulais que ce soit où ce que je rêvais que ce soit la
vie littéraire artistique c'est correct mais ça demande courage parfoisique, c'est correct.
Mais ça demande du courage, parfois,
de faire ces sauts qualitatifs.
De dire, OK, non, ça, c'est fini.
J'ai fait le tour.
Je ne trouverai pas ma vérité là.
Je ne trouverai pas ce dont j'ai besoin dans cette vie-là, dans cette situation-là.
Ce courage-là de changer.
Encore une fois,
on revient à la définition des choses,
mais si tu n'as pas peur, ce n'est pas du courage.
Le courage, c'est de le faire même si tu as peur.
C'est tellement ça.
C'est d'aller quand tu ne le sais pas si ça va marcher.
C'est rentrer dans l'arène
sans connaître nécessairement
à qui tu vas confronter.
C'est que tu as peur parce que tu as un inconnu quand même.
L'inconnu fait peur et ça prend du courage.
Mais moi, j'aime beaucoup ce mot-là, le courage.
Oui, c'est magnifique.
Il faut se le donner quand on a.
Parce qu'on a tendance à ne pas s'approprier.
C'est une trop belle qualité.
On n'ose pas se le donner.
Les gens vont dire, mais tu aurais fait la même chose.
Non, pas nécessairement,
parce qu'on est la seule personne à savoir.
On ne peut jamais dire à quelqu'un d'autre, tu aurais fait la même chose. Non, pas nécessairement, parce qu'on est la seule personne à savoir. On ne peut jamais
dire à quelqu'un d'autre, tu aurais fait la même chose.
Parce que, tu sais,
c'est comme, je trouve que c'est comme
se diminuer.
C'est de ne pas reconnaître, effectivement,
la force qu'il nous a fait à ce moment-là.
Puis tant mieux si un autre l'aurait fait
aussi ou l'aurait fait à sa manière différemment.
Est-ce qu'on fait le bon? Il faut se le donner.
Oui, parce que quand les autres,
c'est quand on leur répond,
« Non, mais t'aurais fait pareil. »
Non, la personne, elle vient de souligner
le travail que t'as fait.
Accueille.
Parce qu'on a tendance à faire rebondir
beaucoup. Et comme tu disais,
par rapport au mot « humilité », j'aime beaucoup
ce que tu dis, c'est être terre à terre,
mais accepte de t'arrêter là, redescends pas.
Exact. Regarde-toi honnêtement,
c'est pas facile, puis tous les jours, ça change.
Mais c'est tellement important,
ça apporte la fierté aussi, de se reconnaître.
Par rapport au courage, petite anecdote
sympathique, mais
j'ai été animateur de terrain de jeu
pendant quelques années.
Puis la première année, on avait
décidé, les animateurs, de se donner des noms de valeurs,
un peu comme les scouts,
qui veulent donner quelque chose.
Puis mon nom d'animateur de terrain de jeu,
c'était Égarouk,
qui est un genre de charivari
avec les lettres du mot courage.
Fait que déjà jeune, c'était important.
Déjà à 18, 19 ans.
C'est un beau mot, ça.
Il y en a un autre,
je ne savais pas quel nom prendre.
Je me souviens, son prénom,
c'était quoi exactement? Mais on avait décidé de l'appeler Pat, pour participation. C'est un beau mot, ça. Il y en a un autre, je ne savais pas quel nom prendre. Je me souviens de son prénom, c'était quoi exactement.
Mais on avait décidé de l'appeler Pat pour participation.
C'est une autre chose.
Mais j'aime beaucoup, Égaro.
Je te laisse à le niveau jaune.
Tu vas m'en donner quatre, s'il vous plaît, de ces cartes.
Parfait.
On dirait que tu...
Là, j'ai l'impression d'être dans un cours.
J'apprends plein de choses à travers ce que tu dis.
À travers ton parcours, tu as appris beaucoup de choses.
Oui.
Sur toi, mais aussi au niveau de la santé mentale.
Voilà.
Merci.
Les cheveux blancs, ça tâche. Je ne sais pas si c'est à toi ou à moi.
Non, on dirait que c'est peut-être pas ça.
On n'a pas des longs de main. Ne pense pas, je ne sais pas.
On n'a pas de cheveux blancs non plus. Ça n'a pas rapport.
C'est à qui, ça?
C'est quoi, ça?
Je laisse te donner ton équipe. Qu'est-ce que tu n'as pas re je ne sais pas. On n'a pas de cheveux blancs non plus, ça n'a pas rapport. C'est à qui ça? Tu laisses te hainer ton équipe.
Qu'est-ce que tu n'as pas reçu
de tes parents et qui t'a manqué?
À quel moment de ta vie
as-tu dû te tenir debout?
Qu'est-ce que la paternité t'apporte?
Cohabiter avec l'anxiété, c'est
trois petits points.
Quelle verre!
Au niveau jaune.
Très jaune.
Les quatre, on pourrait partir
facilement pendant une heure sur les quatre.
Choisis-en une.
Choisis la plus
importante, ne serait-ce que
parce que ce podcast pourrait
survivre et que mes enfants pourraient l'écouter
dans 10, 15 ou 20 ans.
Donc, la paternité.
De toute façon, c'est ce qu'il y a de plus important pour moi
et de loin. Moi, ce que je veux être dans la vie, c'est
un excellent père, un très
bon écrivain, puis un bon gars
dans cet ordre-là. D'abord,
un excellent père.
C'est vraiment, vraiment
ce qu'il y a de plus précieux dans ma vie.
J'ai toujours su, en plus, que je voulais être
père. J'ai toujours
adoré les enfants.
Le lien avec les enfants est beaucoup plus facile pour moi
qu'avec les adultes.
Je trouve ça difficile d'être en relation dans la vie.
Les questions d'attachement, peu importe.
Mais il y a quelque chose dans ce rôle-là,
déjà de pouvoir avoir des enfants au quotidien dans ma vie.
Ils ont quel âge, tes enfants?
Wow!
Ma grande-fille, Eliane, elle a 10 ans.
Mon fils, Guillaume, a 7 ans.
Puis tu sais, quand je joue au quotidien,
c'est merci, vraiment, au quotidien,
malgré la rupture.
Parce que qu'est-ce que la paternité m'a apporté,
entre autres,
c'est d'être capable de mettre de la réparation dans la séparation.
Puis avec mon ex, Magali, qui est une femme exceptionnelle,
mais au niveau amoureux, ça ne se passait plus,
mais je l'aime encore.
Et on a réussi à réparer suffisamment
de ce qui a pu causer la rupture
pour être encore très proche.
On va en vacances ensemble. On va en vacances
avec ma blonde, mon ex, puis mes enfants.
On part à la plage.
Je peux prendre des nouvelles
à tous les jours, à débarrer, prendre la collation
chez nous à l'improviste.
Ça, c'est wow.
La paternité m'a permis
d'avoir cette maturité-là.
De sortir d'une relation
sans gâcher la relation,
sans tout tasser de la relation,
m'a permis de sauver le lien.
Pas le sauver,
en créer un nouveau avec leur mère.
Puis eux, au quotidien,
sont incroyables.
Mes deux enfants sont vraiment
exceptionnels puis chacun à leur manière
sont très différents
ils vont avoir leurs difficultés, les deux
on sait déjà ça va être quoi
les défis, il y en a qu'on souhaite qu'ils n'aient pas
dont on a parlé
mais on voit qu'ils vont avoir certains défis
mais au-delà de ça
ils sont tellement géniaux
ils ont des personnalités
incroyables.
Puis on a vraiment un lien magnifique.
Ça donne du sens à tout le reste.
Pour moi, c'est au cœur de ma vie.
Puis j'ai toujours su que je voulais être père.
Donc, depuis que je le suis, depuis 10 ans,
c'est ce qui est le plus important, clairement.
Comment tu sens leur compagnie?
Est-ce que là,
ce vide-là dont tu parlais,
quand tu es avec eux,
est-ce que ça t'habite
ou le sens est devant toi?
C'est magnifique ça, comme verre.
Tu devrais partir un poème avec ça.
Le sens est devant toi. Effectivement,
quand ils sont là, le sens est devant moi.
Je n'ai plus
cet état de déréliction, effectivement.
Sauf quand
je vais, par exemple,
m'impatienter. Jamais
je les insulte, jamais je les menace.
Je pense
jusqu'à maintenant, je fais bien ça, ce rôle-là.
Mais c'est très important.
Quand je m'en décolle un peu, quand je me trouve moins bon,
quand je deviens impatient, puis c'est normal,
quand à un moment donné, ils testent les limites.
Puis là, je suis plutôt que répété une sixième fois la consigne.
Je grogne un peu, je dis là, ça fait.
Après, je file tellement comme de la marde.
Je suis comme, ah, j'aurais pas dû.
Puis souvent, à ce moment-là,
puis ma fille, c'est une empate exceptionnelle.
Je te rencontre une anecdote après,
mais ma fille, elle a le côté travailleur social très, très fort.
Puis parfois, d'elle-même,
elle sait comment je vais me sentir.
Puis d'elle-même, elle dit, c' me sentir. Puis d'elle-même, elle dit
c'est correct, pas que t'aies perdu patience.
On a exagéré. Puis là, elle vient comme
parce qu'elle sent
que c'est dur pour moi.
Ma fille est incroyable. Écoute ça.
Elle avait six mois, six, sept mois,
je sais pas. Elle rentrait à la garderie.
La première semaine de garderie, les éducatrices
nous ont dit qu'on n'avait jamais vu ça.
Quand un bébé pleurait,
elle se traînait pour aller se coller dessus.
Elle allait consoler les autres bébés.
Dès qu'un bébé pleurait dans la garderie,
elle partait, elle n'était même pas à quatre pattes,
elle se traînait de côté,
c'était quasiment de la...
Elle rampait jusqu'aux enfants souffrants
pour leur donner de son amour.
C'est incroyable.
Puis mon gars,
dans sa sensibilité à lui,
lui, sa grande, grande force
incroyable, c'est
d'être capable de nommer
ses émotions, ce qu'il vit.
Ça, c'est comme wow, il est vraiment impressionnant.
C'est la caille d'une vie, souvent,
de sortir ça en bloc,
mais d'être capable de décortiquer,
de nommer chacune des émotions.
Il est incroyable.
Mon gars est très anxieux.
D'ailleurs, on a fait ensemble,
on a utilisé le livre,
je le recommande à tous les parents d'enfants anxieux,
« Incroyable, moi »
combat son anxiété.
C'est comme un petit personnage avec une cape.
C'est toutes des activités.
On l'a fait ensemble pour aider mon gars
et normaliser
ce qu'il vit.
Moi aussi, je fais de l'anxiété,
puis j'en ai fait solide, des crises d'anxiété
au point de dépersonnaliser.
C'est un peu formidable.
Mais oui, d'être tellement envahi.
Je me suis retrouvé à Vancouver,
j'étais dans la rue, tellement envahi par l'anxiété.
Je ne me rappelais pas le nom de mon hôtel,
ni le nom de ma rue, où était l'hôtel.
J'étais quand même...
Je connais ça.
Presque des blackouts.
Puis mon gars, il est...
Mais ça aussi, ça va bien quand même en ce moment.
Mais mon gars, il vit beaucoup,
beaucoup d'anxiété.
Mais depuis qu'il est tout petit,
il a cette force incroyable
de nommer ce qu'il vit.
Des fois, c'est vraiment qu vraiment qui étonne les adultes.
Là, je me sens pas bien, je suis en colère
parce que t'as dit ça.
Puis les gars, vraiment, ils parlent au jeu,
ils nomment ses affaires, clac, clac.
Mais beaucoup, c'est limite.
Mon gars est dans sa bulle.
Il aime ça, il est dans ses...
Les deux, ils lisent.
Ça, c'est comme la fierté totale.
Moi, comme écrivain, les deux lisent à fond. Le matin, ils se lèvent, puis ils prennent leur livre. Première affaire qu'ils font, les deux. Mon gars, ilest comme la fierté totale comme écrivain les deux les affronts
le matin se lève il prenne les premières fois qu'ils font les deux mon gars il ya sept ans
vraiment c'est ses bandes dessinées s'assoit à pili ma fille à le torcher des séries elle a lu
harry potter deux fois au complet le disant le lieu harry potter au complet deux fois le lieu
premier tome seigneur des anneaux assez tout appeléest toute tapée les Royaumes de feu. Il y en a 15.
Maëlie, elle lit plus que moi.
Puis moi, je lis quand même pas mal.
Donc, c'est juste la fierté.
C'est juste du bonheur.
À quelque part, tu as inculqué ça sans le vouloir.
J'imagine... Je l'ai voulu.
Tu l'as voulu.
C'est ça.
Donc, tu veux qu'il lise,
mais en même temps, il te voit lire aussi.
Je veux dire, il y a comme quelque chose
de mimétisme aussi
à travers tout ça.
C'est par l'exposition. Moi, je crois beaucoup à l'exposition
pour la culture. Puis d'ailleurs, c'est pourquoi
que c'est absolument désolant
comme société qu'on ait
des bibliothèques aussi pauvres
qu'on ait même où j'habite, dans l'est
de Sherbrooke, on n'a même pas de bibliothèque.
50 000 de population
n'a pas une bibliothèque. Il y a une mixité sociale incroyable. C'est de Sherbrooke, on n'a même pas de bibliothèque. 50 000 de population n'a pas une bibliothèque.
Il y a une mixité sociale incroyable.
C'est la pauvreté, comme d'habitude,
on envoie les pauvres dans l'est,
c'est comme une tradition d'à peu près
tout le Grand-Ville du monde.
Mais il y a plus de pauvreté, il y a plus de mixité sociale,
puis on n'a pas de bibliothèque, 50 000 de population.
Quelle honte, quelle gêne.
Au niveau culturel,
qu'on ne soit pas plus fiers de notre culture,
qu'on ne la rende pas plus accessible,
qu'il n'y ait pas systématiquement
des programmes d'artistes à l'école.
Ça repose encore sur les profs
qui invitent les artistes. Non, il devrait y avoir des mécanismes
pour que les jeunes soient exposés
à l'art, à la chanson, à la poésie québécoise,
qu'on célèbre ça.
Et les jeunes aiment ça. Quand ils sont visités dans leur école,
ils adorent ça.
Ils reviennent à la maison,
c'est la première fois.
C'est toujours dur de savoir
qu'est-ce qu'un enfant a fait à l'école.
Qu'est-ce que t'as fait aujourd'hui à l'école?
Je ne sais plus.
Mais quand ils reçoivent la visite,
que ce soit quelqu'un qui vient raconter
son expérience, un partage,
ça, ils vont arriver.
Aujourd'hui, moi, j'ai toujours remarqué
dans mes enfants à quel point
d'avoir un visiteur, une visiteuse
qui a raconté un bout de sa vie,
c'est de l'inspiration.
C'est comme de dire, il y a un adulte qui a pris
de son temps pour venir nous raconter
son histoire. Pour un enfant,
ça mérite comme de l'attention,
leur attention. Des fois,
ça peut changer le cours d'une vie aussi
d'un enfant. – Et pourquoi c'est ta géométrie
variable alors? T'as raison. Moi, je suis absolument
d'accord avec toi. Dans notre système,
dans le fond, à peu près
tout au Québec est en état d'effritement
avancé. Mais dans notre système à deux vitesses,
en fait, à trois quarts de vitesse, parce qu'en plus
de l'école privée et publique, là, t'as
aussi des programmes internationaux
et puis des programmes internationaux
puis à l'intérieur des classes régulières,
combours de troubles de toutes sortes et tout ça.
Puis après, en plus de ces injustices-là,
tu rajoutes le fait que ça repose sur des profs
à l'intérieur de l'école,
si on invite des artistes, des scientifiques,
puis des gens intéressants.
– Les profs en ont beaucoup, beaucoup sur les épaules.
– Moi, je suis derrière eux à 1000 %,
puis les professionnels de l'éducation aussi,
n'oublions pas.
– Il en manque en plus.
– C'est les psychos.
– Mais tu sais, moi, j'ai travaillé des fois avec,
en tout cas pour des jeunes qui avaient des problèmes
de communication, autant de la réception
qu'être capable de nommer les choses.
Puis avec eux, on faisait des tests.
On appelait dans des bureaux de psychoéducateurs,
pas de psychoéducateurs pour le langage,
c'est moi qui perd le nom.
– Des orthophonistes.
– Orthophonistes.
– J'en ai eu besoin, j'en ai eu,
des orthophonistes jeunes.
– Mais ça, ça change ta vie, l'orthophonisme.
Plutôt que tu l'auras dans ta vie,
plus que ton parcours scolaire, ta vie, oui,
mais ton parcours scolaire sera
plus simple, c'est un plan d'intervention,
mais plus tard, tu le vois, on peut comprendre
que les enjeux de communication,
des fois, tu peux te faire intimider,
tu peux, tu sais, c'est...
Des fois, on peut te mettre dans un mauvais groupe,
mais c'est pas une déficience intellectuelle.
C'est une difficulté de
langage. Des fois, ça peut
combiner les deux, mais rapidement, l'orthopédiste,
l'orthophoniste est là, puis
il n'y en avait pas. On faisait des téléphones, puis des fois,
c'était « Bonjour, vous avez bien rejoint tel
orthophoniste. Je suis complète.
J'aurai de la place d'ici 24 mois. »
Si vous lui laissez un message,
là, tu es « OK, mais on fait quoi? »
Moi, je me souviens comment
je me disais,
« Mais si tu as besoin de quelqu'un,
où est-ce que tu vas? »
Parce que le langage,
c'est la base dans la vie.
Si tu veux rentrer en relation avec les autres,
c'est la porte d'entrée aussi pour le milieu scolaire. C'est ton niveau de langage. C'est la base dans la vie. Si tu veux rentrer en relation avec les autres, c'est la porte d'entrée aussi pour le milieu scolaire.
C'est ton niveau de langage.
C'est super important.
Je suis d'accord avec toi. J'ai des amies enseignantes.
Moi, je ne réalisais pas
à quel point elles payaient
aussi pour donner
les récompenses aux élèves, même les collants
qu'elles mettent
pour les dicter.
C'est une vocation.
C'est une grâce aux professionnels c'est une grande, oui.
Ou professionnelle en milieu scolaire.
Puis il y a des milieux plus arides que d'autres aussi.
Absolument, absolument.
Puis c'est encore une fois des injustices incroyables
qui se reproduisent là, puis des enfants qui payent.
Et dans cet ensemble de mauvais choix
qu'on a fait au niveau de notre société,
puis qu'on se retrouve aujourd'hui
avec une espèce de mode vraiment poté.
On fait juste mettre du poté partout.
Là même, on veut enlever les médecins de famille,
ceux qui en ont moins besoin pour les co-urgents,
mais ceux qui en ont moins besoin vont devenir des co-urgents,
puis là, on va refaire du poté.
Ils ont des habillepières pour habiller Paul.
À l'école, c'est la même chose.
Là, les intervenants et les plans d'intervention,
c'est pour les cas vraiment graves,
parce que là, ceux qui nous inquiètent, on n'a pas le temps.
Il y a cette espèce de nivellement par le bas,
généralisé, incroyable.
Tu te dis, il me semble,
d'un, on paye cher.
Ceux qui payent, ils payent cher
pour avoir des services
plutôt médiocres à tous les niveaux.
Quand est-ce qu'on arrête?
À quel moment on va se dire, OK, le système de justice,
ça ne marche pas pantoute, même qu'on retourne au médiéval
avec des justices parallèles absolument arbitraires.
Le système de santé, c'est n'importe quoi.
Mon gars a attendu 13 heures à l'hôpital à 39 queues de fièvre
avec des gens estropiés qui saignent autour
et qui toussent 13 heures à 39 de fièvre
un enfant. Ça n'a aucun sens.
L'école, il y a des superbes
écoles et surtout, il y a des super humains
dedans, mais on leur donne tellement pas
les moyens.
Ça va où l'argent?
Il y a comme une explosion
de fonctionnaires, des dizaines de milliers de fonctionnaires
de plus, provincial, fédéral.
En même temps, il me semble qu'il n'y a rien
qui va mieux, puis qu'on met beaucoup,
beaucoup de temps, d'argent, d'énergie,
puis ça ne se passe pas.
Maintenant, on fait-tu un moratoire
de la société?
On s'assoit pour vrai, pas juste une consultation
pour aller chercher des votes,
mais juste à dire, OK, c'est toute pète.
On n'arrête pas de dire...
Juste la qualité de l'air dans les écoles.
La qualité de l'air dans la vie? Oui, dans la vie'air dans les écoles. La qualité de l'air dans la vie.
Oui, dans la vie, mais dans nos écoles.
Pas de climatisation.
Les CHSLD.
Je le sais.
On laisse nos enfants.
Ça en dit beaucoup.
Quand tu laisses les deux bouts,
tes enfants qui sont l'avenir du monde
et tes vieux qui ont construit le monde,
qui l'ont tenu à bout de bras,
tu les laisses suer dans la canicule
puis recevoir des services
qui ne sont vraiment pas à la hauteur
de ce que devrait être notre société
après ces décennies, ces siècles de travail.
Non, non, il faut s'arrêter et se parler.
Il y a de quoi qui ne marche pas.
Moi, mon père a déjà eu une chirurgie importante
dans un centre hospitalier montréalais.
Et c'était en pleine
canicule et il n'y avait pas
de climatisation, mais aucune.
Là, t'as comme peur que dans la plaie,
les bactéries se développent.
Ils ne devaient pas se lever et s'élever
pour essayer d'ouvrir la fenêtre. Ils étaient en détresse.
Ils ne savaient plus quoi faire pour avoir...
Mais tu dis, OK, toi, t'as ça.
Il y en a plein ici, sur l'étage
et dans un milieu hospitalier
qui est pas...
qui est pas caché, là, c'est un milieu
hospitalier reconnu, là. Tu comprends, là,
c'est un hôpital bien connu à Montréal,
mais tout ça, pour ceux qui travaillent là aussi,
c'est affolant. On aurait beaucoup à dire
là-dessus, ça fait...
Oui, mais c'est correct de le dire.
C'est correct de le dire parce qu'il faut le dénoncer.
Puis évidemment, tu sais, oui, on pourrait
proposer des solutions,
sûrement qu'on en a, mais au moins nommer ce mal-là.
On dit que ce n'est pas normal.
Non.
Après, c'est quand?
En plus, on s'endette pour ça.
La réalité, c'est ça.
Là, on s'endette, on endette nos enfants de milliards
et de milliards de dollars.
On est rendu à je ne sais pas combien d'années d'endettement.
Pour des rues, des écoles tout pétées,
des profs mal accompagnés, mal payés, manque d'intervenants, six mois d'attées d'endettement. Pour des rues, des écoles tout pétées, des profs mal accompagnés, mal payés,
manque d'intervenants, six mois d'attente
pour un psy par-ci,
je ne sais pas combien d'années pour l'orthophoniste.
Ça ne marche pas.
Ça m'inquiète beaucoup pour nos jeunes de ne pas avoir
des spécialistes qui ont besoin dès le départ
pour faciliter le reste de leur vie.
Ça crée d'autres problèmes.
Ça crée d'autres problèmes dans le système
scolaire, de santé, tout ça. En tout cas, ça, j'ai l'impressionautres problèmes. C'est ça, ça crée d'autres problèmes. Ça crée d'autres problèmes dans le système scolaire,
de santé, tout ça.
En tout cas, ça, j'ai comme l'impression
qu'on n'est pas beaucoup dans la prévention.
On est toujours dans l'intervention
et il manque de monde partout.
Mais la prévention, c'est ça aussi,
quand tu peux voir tes spécialistes,
ça supporterait beaucoup les enseignants aussi.
Moi, je dirais qu'on n'est même pas dans l'intervention,
on est dans la postvention.
On attend que ça pète pour y aller.
On est en retard partout, dans le fond, si tu dis ça.
C'est l'impression que je veux.
Moi, j'aime ça la postvention. C'est vrai, t'as raison.
C'est qu'une fois que le mal est fait, on arrive.
Exactement. Puis il faut que le mal soit grand.
C'est des cas qu'on sait, qu'on voit depuis des années,
qu'il y a des petits jobs de poter
qui se font. Puis là, quand ça craque
et que ça devient dangereux, OK, on s'en occupe.
Donc, moi, je pense qu'on est...
Non seulement on sait que la prévention,
c'est payant, on n'en fait à peu près
pas. Ou des
mesures vraiment
plaster électorales, ça paraît bien.
Intervention,
quand on sait qu'il faudrait faire de quoi,
on ne le fait pas tant que ça. Il y a plein de monde
qui savent qu'il faudrait faire de quoi à tel niveau fait pas tant que ça. Il y a plein de monde qui savent qu'il faudrait faire de quoi
à tel niveau, ça se fait pas. Puis là, quand ça pète,
OK, là, on s'en occupe. Là, on sort les ministres,
puis là, on va être fermes, puis il va y avoir des changements,
puis tatata, puis c'est sur 10, 15,
20 ans, puis toi, tu sautes dans deux ans.
Au mieux, tu vas être réélu, tu sautes dans six ans.
Tu te présenterais de la politique?
Non, non, non, non, non. J'ai beaucoup de respect
pour ça. Mon frère pense en faire,
puis je lui souhaite bon courage. Non, non, non, j'ai pas de respect pour ça. Mon frère pense en faire. Je lui souhaite bon courage.
Non, non, non.
Ça viendrait trop
me chercher dans mes failles
à quel point
ça demande
de l'acharnement
pour arriver parfois à des petits résultats.
Moi, je pense que
j'en fais d'une certaine façon.
Oui, mais tu dénonces, oui.
Je dénonce, puis j'ai fait des choix
parfois plus ou moins anonymes
de mettre des efforts à des endroits.
Mais les changements
structurels qui doivent
être faits, puis qui doivent être
appuyés par des politiciens,
c'est souvent de très longue
haleine, qui demande beaucoup d'efforts et des résultats
incertains. Moi, j'ai du respect pour ceux qui y vont,
pour ceux qui y vont, pour les bonnes raisons
et peu importe leur conviction.
Moi, je suis d'accord avec toi.
C'est un peu comme une révolution tranquille
que ça nous prendrait, mais en fonction
de l'état des lieux actuels.
Qu'est-ce qu'on fait? La société a changé,
même le climat change.
Tout change. Qu'est-ce qu'on fait, la société a changé même le climat change, c'est-à-dire tout change, qu'est-ce qu'on fait
maintenant, puis je pense que ça, le mot
courage ici, est important
parce que c'est pas de la... le changement
n'apporte pas de popularité pendant
que tu le fais, c'est l'après
qui apporte, c'est une fois
qu'on est dans le changement, mais
quand on annonce un changement
ça, ça fait toujours peur, mais à un moment
donné, mais tu sais, il y a beaucoup de blocages aussi.
Il y a beaucoup de choses qui empêchent,
des fois, qui ralentissent le changement
parce qu'il y a beaucoup de gens à consulter.
Il y a beaucoup de...
Tu sais, c'est lourd.
L'État québécois est devenu lourd aussi
quand on veut faire un changement.
Absolument, tu as raison.
Mais le courage politique manque aussi
parce que les changements qui pourraient être faits
et l'application des lois qui sont déjà là, prenons la loi
101 au Cégep, par exemple, qui est une
aberration totale, que ça ne soit pas
appliqué, il y a des lois qui sont là.
Mais ça, quand les lois sont là, ça, c'est donner de la force.
Mais les faire appliquer...
Mais ça, ils pourraient.
Ils devraient. Mais pourquoi
ils le font pas?
Moi, j'ai l'impression que c'est notre système
qui se dit démocratique, mais qui ne l'est pas tant que ça.
C'est de la démocratie représentative
alors qu'on est consulté à peu près pour rien.
On est un référendum écart à peu près.
Si tu votes pour quelqu'un,
puis tu espères qu'il va tenir à peu près à moitié de ses promesses,
puis si tes promesses à toi, ils ne sont pas dedans, ben t'as voté pour rien,
on s'en va dans quatre ans. Donc, pour moi,
c'est un peu... En tout cas, déjà,
il devrait y avoir des référendums sur
toutes les grandes questions, tant au
niveau provincial que fédéral.
Puis quand nous serons un pays, car nous le serons,
il y aura des référendums au niveau
national si on a un peu de cohérence
puis une véritable volonté de démocratie.
Mais tu vois, il faudrait déjà y penser
parce que c'est pas parce que tu deviens un pays que tout ça
change, tu comprends? Il faut déjà
que ce soit là à quelque part parce que
ça...
Oui, c'est-à-dire qu'on peut déjà
démontrer ces couleurs-là.
Tu comprends? Il faut pas attendre...
Oui, comme qu'on a nos particularités culturelles.
Pour ça, c'est pas la...
Quand on dit, bon,il y aura un pays,
ça ne peut pas être tranché en deux.
On était ça avant, puis le lendemain, nous sommes ça.
Il faut déjà être ce qu'on veut être.
Tu comprends?
Il y a quelque chose...
Toi, là-dessus, j'amènerais une nuance.
Il faut l'incarner.
Il faut l'être déjà pour le devenir.
Mais nous le sommes déjà.
Nous sommes déjà très différents.
Mais par exemple, oui.
Mais si tu parles de référendum,
c'est quelque chose que tu peux faire
avant la consultation référendaire. Tu nest quelque chose que tu peux faire avant la consultation
référendaire. T'as pas besoin
d'être tout seul. Non, non, on n'a plus le temps.
Non, non, non, on fait le référendum,
on dit un pays, il y a un changement radical
au niveau administratif.
Puis après, on continue de se battre.
Puis, peu importe ce que ça deviendra,
il y a des gens qui disent, ah, si ce pourrait être un Québec d'extrême-gauche
ou si c'est la droite, gna gna gna,
j'aime mieux pas. Non, non, la liberté en soi est une valeur magnifique.
L'autodétermination est parfaite.
Il n'y a aucun pays qui est devenu indépendant
qui a demandé une rétroaction
puis à revenir dans l'Empire.
Ça n'est jamais arrivé.
Donc, le Québec comme pays
est une finalité magnifique en elle-même.
Après, on verra ce qu'on fait avec.
On organisera d'autres élections.
On débattra. On essaiera
de voir ce qui est le mieux.
– Mais ce que je veux dire, c'est qu'on pourrait déjà
plus consulter la population
dans la situation politique
dans laquelle on est. – OK, de prendre l'habitude
du référendum avant de faire le gros référendum.
– Oui, mais non, mais
oui, mais c'est pour un sujet, le gros référendum
dont tu parles, mais je veux dire, il pourrait avoir
des référendums sur d'autres choses au Québec,
sur des grandes décisions qu'on a à prendre.
Entre autres, le système de santé, le système d'éducation.
Je veux dire, on n'a pas besoin
d'être libre, tu sais, tu comprends?
On n'a pas besoin de...
C'est pour ça que de mettre ça
en attente d'eux, on peut faire
des choses en attente d'eux.
Pour moi, ce n'est pas une raison d'attente, c'est ça que je veux dire.
Bien, tu as raison. Là, on est d'accord.
Je m'étais mal exprimé.
Ou je t'ai mal compris.
Non, mais on a bien à communiquer.
Il faut communiquer, justement.
On est rendu au niveau rouge. Tu vas m'en donner trois, s'il te plaît.
Alors, Joker, merci, ma Claude.
Non, non, non.
Au moins, je te lise les questions.
Donc, trois sur quatre, finalement.
Oui, c'est sûr.
Donc, ça va être ces trois-là.
Ce n'est pas un grand mystère.
À quel moment aurais-tu souhaité que le temps s'arrête?
Quels sont les enjeux les plus périlleux de la dépendance?
As-tu des regrets?
On répond à une question.
Wow. J'ai déjà pas mal chialé, donc on va y aller avec quelque chose de plus positif.
Ça va être à quel moment aurais-tu souhaité que le temps s'arrête? Oui. Et il y en a plusieurs il y a plusieurs petits moments où la vie était foisonnante et chargée de sens mais celui qui me vient en tête ce serait sur un banc de parc sur la plage d'Old Auturn Beach, l'année dernière, avec mes enfants,
où on déconnait, puis on a eu un magnifique fourré.
Puis ça a duré quelques secondes,
mais ça ressemble vraiment à ce qui est le plus près du bonheur pour moi.
Le bonheur étant quelque chose, dans ma ma perception de très, très évanescent.
Même être heureux,
pour moi, c'est un peu inaccessible.
J'espérais
cette année avoir un diagnostic. J'ai ma doc
merveilleuse, qui est aussi poète en plus,
Mélanie Béliveau, qui m'aide beaucoup.
Puis, écoute, j'espérais
que les antidépresseurs fonctionnent. J'espérais être
en dépression. Finalement, je suis juste malheureux.
C'est ça que ça ne marche pas.
Mais parfois,
j'ai des petites bouffées de bonheur comme ça.
Puis parfois, je suis bien.
Moi, quand je suis au niveau juste à être bien, serein,
pour moi, c'est magnifique.
Mettons, le matin,
moi, je me réveille à moins 6.
Je prie, je me crains
que je me passe de la gratitude dans la tête
jusqu'à pogner zéro. Puis là, j'essaie de faire ma journée.
Puis une fois de temps en temps, il y a une petite bulle qui pop.
Puis là, je grimpe à 3, 4.
Puis des moments comme ça, je grimpe à 7, 8.
Pendant quelques instants où je vois mes enfants heureux, crampés, qui sont dans leur complicité.
Moi qui ris à côté,
la plage,
la mer,
on est en vacances,
je peux me sacrer à paix,
je laisse l'agenda dans le sac.
Ça, un moment comme ça, c'est wow.
Moment de grâce.
Exact. Quand je vois le public applaudir Geneviève
ou faire une ovation quand elle fait sa première partie,
puis que je suis fier de pouvoir l'accompagner dans son combat, dans ses injustices, de savoir
qu'elle est là pour moi aussi, puis que le public la découvre, c'est bon. Quand je vois de la beauté
anonyme, quand je vois des gens qui posent des gestes
ou qui aident du monde pour vrai,
pas pour les clics, pas pour le
cash, pas pour la réputation,
c'est wow. Je te donne
un exemple très concret, parce que
ça va me permettre justement d'exprimer
de la gratitude, puis ça c'est la meilleure façon
pour moi d'être heureux, d'exprimer
de la gratitude, parce que
toutes les bêtes blessées ont tendance à se replier sur nous-mêmes.
Mais tu peux pas
serrer
quelqu'un dans tes bras ou l'applaudir
en jouant dans ton ombri en même temps.
Ça, c'est une image qui m'est venue
m'amener, que je trouve
importante.
J'ai besoin de me rappeler quand je suis en train
de célébrer quelqu'un,
ça m'aide, moi, à sortir de mes difficultés ou de mes préoccupations, de mon ressentiment.
Donc, j'ai juste envie de rendre un petit hommage à François Godin, qui travaille chez Librex, mon éditeur.
Super éditeur. Moi, je publie tous mes romans, mes cinq romans. « Chistanké », super relation avec mon éditrice,
Marie-Evgélinia, Marie Paradis,
qui est là, qui a pris la relève de Joanne Gué.
Toutes des femmes merveilleuses qui ont cru en moi,
qui croient en moi, qui m'accompagnent.
Je les adore.
Dans ce gang-là, il y en a un qui est plus dans l'ombre,
qui s'occupe de la distribution des livres et tout ça,
qui s'appelle François. Puis François, ça fait plusieurs fois
qu'il travaille pour me fournir des livres gratuits
pour que je les amène en prison,
que je les amène aux détenus.
Il fait livrer des caisses de livres neufs pour les détenus.
Il choisit des livres qui pourraient intéresser les gars.
Puis quand je débarque dans les pénitenciers,
souvent, ils ont reçu des boîtes de livres
où parfois, il y a des moments exceptionnels.
Il y a quelques semaines, j'étais à Saint-André-des-Pleines.
Je vais faire trois conférences, une après l'autre,
bang, bang, bang, avec trois unités différentes.
La veille, il y a un gars qui s'est fait tuer,
qui s'est fait battre à mort dans sa cellule, 38 ans.
Puis là, moi, je débarque.
« Hey, les gars, on va parler de poésie.
On va parler de littérature québécoise. »
Déjà, c'est comme une drôle de situation.
Pendant que je fais la conférence avec une des unités,
l'intervenante qui m'a invité a dit
« Hey, on a reçu des boîtes.
C'est peut-être les livres que tu nous as dit qu'on recevrait. »
Puis là, ils vont ouvrir ça.
Il y a des livres neufs.
Wow! Il y a quelqu'un dehors
qui a pris le temps de faire envoyer
des livres gratuits,
offerts aux détenus en dedans
pour qu'il y ait une bibliothèque garnie,
pour qu'il y ait accès à des livres.
Puis pas juste les miens, plein de livres.
Puis lui, il fait cet effort-là,
anonymement, parce qu'il croit
que ces gars-là ont le droit
de lire, ont le droit d'avoir accès
à la culture
François Godin, merci
il y a des profs qui le font aussi
pénitentiaires de Romainville, ils sont écœurants
c'est l'école des adultes
qui vont donner les cours aux détenus
bon, pénitentiaires de Romainville
les profs, ils ont sacrifié
une partie de leur local
pour faire une petite bibliothèque aux détenus.
Ils ont fait quelques petits rayons
avec des livres, leurs livres,
souvent, qui rendent disponibles pour les détenus.
Il y a des gars qui font des sentences longues.
Le pénitencier, c'est des deux ans et plus,
mais ça peut être des 10 ans, des 15 ans, des 20 ans.
Les gars, ils ont accès
à des livres. Parce que ces profs-là,
on dit, OK, on va prendre notre espace
de travail, puis on va
en donner, on va en donner,
on va faire don de ça
aux détenus pour qu'ils aient l'impression
d'aller à la bibliothèque.
Wow!
Des gens qui font des petits trucs comme ça,
ça me rend heureux.
Puis là, en ce moment, je suis heureux. Ça, c'est mon moment
préféré de l'entrevue.
Le bout où je parlais de mes enfants aussi.
Mais où je peux mettre ces gens-là
en lumière. Ça, c'est wow.
Des profs comme
Dominique Boisvert dans le coin
de Sainte-Flore, qui a pris
le petit Michael dans la série du monde des mots
pour laquelle on a gagné un Gémeaux, d'ailleurs.
Cette série-là, c'était curieux.
Ils m'ont suivi pendant 21 jours.
On était allés en détention, personnes âgées,
les jeunes des écoles.
Puis le petit Michael, qui détestait l'école,
il s'en foutait, il voulait pas faire l'activité de poésie.
Il me lisait sa revue d'en face.
Quand j'ai expliqué que c'est peut-être la seule fois
de tout ton parcours scolaire où tu peux écrire ce que tu veux,
on corrige pas les fautes, on s'en fout,
c'est ton sujet, c'est ton texte à toi.
Puis qu'il l'a fait, puis qu'il écrit un poème pour son frère,
puis c'était comme wow, puis tous les élèves
capotaient, puis le prof,
qui a vu ça, qui en était ému, puis qu'après
il me rappelle, puis il dit, aïe, il m'a demandé,
il s'est poigné dans le cours d'école, plutôt qu'aller se battre,
il m'a demandé d'aller écrire un poème dans la classe.
Puis là, ce prof-là, il a eu l'idée géniale
de le mettre en équipe avec la petite bolée de la classe.
Fait qu'elle, elle va corriger tes poèmes,
elle va t'expliquer les corrections qu'elle fait.
Comme ça, tu vas avoir tes textes au propre.
Puis de poème en poème, la série, elle s'est terminée.
On le voit, le petit Mickaël, dans Du monde des mots,
ce petit bonhomme-là, je l'appelle mon rainbow de Shawinigan.
Petit gars de 12 ans qui détestait l'école,
qui a des difficultés à l'école, qui a des tics et tout,
mais grâce à la poésie, qui a des difficultés à l'école, qui a des tics et tout, mais grâce à la poésie,
qui a réussi à s'affirmer,
avec le prof, on a décidé
de faire un socio-financement puis de publier un recueil.
Cet petit gars-là qui a eu le français,
on a organisé un vrai lancement
à la Crémerie de Sainte-Flore,
avec représentation du maire, avec Radio-Canada,
avec toute sa famille. Cet petit gars-là,
il a publié le recueil, Sortir de sa caverne,
qui est en vente
à la librairie Poirier de Trois-Rivières.
Et lui est arrivé au secondaire
de « Je déteste l'école,
j'ai plein de difficultés » à
« J'ai publié un livre et j'écris
de la poésie. » Grâce
à ce prof-là, grâce à la poésie,
ça,
une ou deux affaires de même
par année,
on continue la vie à du sens.
Magnifique.
Voilà.
Là, on passe au niveau Eros et compagnie.
C'est autre chose.
On est variés.
Avoue qu'on est variés.
On est comme dans la vie.
Là, tu m'en donnes
quatre de ces questions-là.
Il y en a cinq.
On brasse, on enlève celle-ci
et on t'offre celle-là.
Niveau Eros, comment s'est faite ton éducation
à la sexualité?
Quelle est ta définition du désir?
Préfères-tu
séduire ou te faire séduire?
As-tu déjà eu
une peine d'amour?
Ok. fort intéressant.
OK, on va y aller avec...
Comment s'est faite ton éducation
à la sexualité.
Parce que ça va permettre
d'ouvrir sur
le rapport qu'on a aux hommes en ce moment
comme société
et rapport médiatique
qui me désole
et qui m'inquiète beaucoup.
Mon éducation à la sexualité, elle s'est
faite en grande partie
par la pornographie.
J'étais
un jeune très
curieux,
de façon générale, j'étais très curieux.
Et j'étais
curieux de ces choses-là.
Et déjà, à mon époque,
il y avait quand même
un effort à fournir
et des détours à prendre
qui, malheureusement, selon moi,
n'existent plus.
Il fallait que tu trouves la cachette de tes parents,
il fallait que tu fouilles dedans,
il fallait que tu replaces, que ça ne paraisse pas trop,
si tu voulais garder l'accès,
sinon il changeait de cachette,
il fallait que tu refasses le tour de la maison.
Les revues, les VHS,
les revues, tes bleues nuits embrouillées,
tout ça, tu sais. Puis,
trouver des amis que leurs
parents n'ont, puis tout ça.
C'était pas
que ça, parce qu'il y a aussi,
je dois le dire, il y avait
quand même une belle ouverture d'esprit
de la part de mes parents.
On a discuté de sexualité
puis ça, ça a été
aidant en cours de route.
Mais il y a clairement
eu quelque chose dans le rapport
à la pornographie
qui a pu
teinter mon regard
et en même temps, je dirais,
nuire à une expérience plus facile et plus saine.
Je pense que j'ai quand même eu de belles expériences.
Malheureusement, trop jeune.
Notamment, mon dépucelage a été une catastrophe.
Je le regrette beaucoup.
Puis j'espère que mes enfants vont prendre le temps
de bien faire ça au bon moment.
Puis moi, j'ai fait ça.
Je venais d'avoir 14 ans.
Dans le sous-sol, dans ma chambre,
je n'avais pas le droit de fermer la porte
quand j'étais avec ma blonde
parce qu'ils savaient qu'on fricotait.
Ils voulaient garder l'oeil.
Puis là, je profitais que mon père
était en train de travailler. J'entendais la dactylo. Je lui disais à ma blonde, parce qu'ils savaient qu'on fricotait, ils voulaient garder l'oeil. Puis là, je profitais que mon père était en train de travailler.
J'entendais la dactylo.
Je lui disais à ma blonde, ma blonde, elle qui était plus vieille,
qui avait 16 ans, qui avait de l'expérience,
puis moi qui voulais en avoir.
Mais j'étais juste un petit cul de 14 ans,
puis j'étais déjà pogné dans la consommation.
Déjà,
ça tournait
trop vite dans ma tête. Puis là, je disais
« OK, on le fait fait là pendant qu'il travaille
t'attends
tu fais l'amour pour la première fois
stressé en écoutant Dactylo
faut pas qu'elle s'arrête parce qu'elle s'arrête
avec le costume de bain tassé
c'était vraiment pas
glorieux
mais j'ai beaucoup aimé par contre
cette fille là
je la salue Cindy, j'ai été très amoureux.
Trop jeune, peut-être, effectivement.
Ma première peine d'amour,
ça a été violent.
À 14-15 ans, ça m'a vraiment
fait mal.
Mais l'éducation à la sexualité,
pourquoi je dis ça, c'est que
les gars, déjà, c'est prouvé.
Il y a une question aussi génétique.
Les gars, c'est plusouvé il y a une question aussi génétique les gars c'est plus visuel le désir passe beaucoup
par ce qu'on voit et tout ça
puis je pense que l'accès
facile à la pornographie va nuire
vraiment
au niveau des attentes, de façon de vivre
de la connexion avec l'autre
tout ça je pense que si on peut éviter
pas totalement c'est peut-être
juste retarder ou
faire attention. En ce moment,
il faut vraiment... C'est fou
avec Internet.
Tu t'accroches dans le piton, puis
tu as des options troublantes
qui apparaissent.
Donc,
puis en même temps,
en ce moment, j'ai une grande, grande tristesse du regard qu'on pose sur les gars.
Puis cette espèce de moquerie incessante qu'on a, de se foutre de la gueule des gars qui s'entraînent,
de se foutre de la gueule des gars qui ne sont pas dans le modèle validé par l'intelligence ya et par ce qui est bon de bien penser aujourd'hui à l'époque il ya
des on est très très rigide dans notre morale moi je pense qu'on est dans une époque de moraline
incroyable on joue à seul on joue à la morale comme on joue à la marrelle c'est qui va le plus
dénoncé s'indigner tatatatigner, sans trop se regarder le nombril
bien souvent, puis en commettant
des injustices incroyables.
Il y a des choses qu'il fallait qu'ils changent, il y a des révolutions
qu'il fallait qu'ils se fassent, mais pourquoi est-ce qu'il faut
qu'il y ait toujours une période de terreur dans les révolutions?
Pourquoi est-ce qu'il y a
Camus, l'immense Camus, qui disait
« La seule justice
possible est une nouvelle répartition
de l'injustice. »
Puis moi, je trouve ça triste.
Je trouve ça tristement triste qu'au nom de faire entendre du monde,
on en fasse taire d'autres.
Au nom de faire rayonner du monde, on se moque d'autres personnes.
Notamment les gars, les hommes qui ont de la difficulté à s'exprimer
ou qui sont plus dans un culte de l'entraînement physique ou qui sont tout simplement
maladroits dans leur
façon d'être ou de dire
les choses. Puis moi, j'ai l'impression
qu'à côté
de ça, il y a tellement
une pression forte,
non seulement des réseaux sociopathes,
mais aussi
de la pornographie, de la
culture anglophone, anglophile. Puis on sait que sociopathe, mais aussi de la pornographie, de la culture
anglophone, anglophile.
Puis on sait que
nos jeunes aussi
ont de plus en plus de difficultés. Tu parlais de l'importance
du langage, mais la réalité, c'est que
nos jeunes ont de plus en plus de difficultés même
à comprendre et à utiliser
leur langue, sans compter
tous ceux qui arrivent ici, à qui on donne même pas de cours
de francisation, qu'on n'intègre pas. Puis là,'on sait le légende de la quatrième année ils ont beaucoup plus de
difficultés beaucoup plus d'échecs au niveau des tests de lecture donc plus de difficultés à
peut-être non seulement l'école mais à appréhender le monde à travers la littérature à travers des
textes informatifs et tout ça puis à côté, ils sont bombardés d'images de vidéos,
de pornographie, de pression sociale.
Ça fait que moi, je m'inquiète pour les gars.
Puis je m'inquiète pour les filles aussi.
Je reste à ma place.
J'accompagne Geneviève, c'est déjà beaucoup pour moi.
Puis je ne prends plus la parole c'est un sujet
j'ai payé trop cher mais mais derrière tout ça puis derrière des prises de parole nécessaire
le comprenons nous bien le derrière des changements nécessaires pourquoi est-ce qu'on
est obligé d'abandonner tant de personnes derrière c'est encore une majorité d'hommes qui suicide c'est encore les gars qui
vont se pendre très très grande majorité la violence est inacceptable quand elle est agie
contre des gens qui faut absolument assurer la sécurité du monde autour mais la violence elle
est aussi retourné beaucoup contre soi si on les accomp et qu'on ne leur apprend pas à gérer cette agressivité-là,
cette impulsivité-là, ce qui n'est pas juste une question d'éducation.
Il y a aussi une patente dans le corps qui s'appelle la testostérone.
Il y a aussi de la génétique, il y a aussi des hormones.
Si on n'apprend pas aux gars que c'est correct ce qu'ils vivent,
mais qu'il y a une façon adéquate de l'exprimer son smog
2 puis si on ridiculise ceux qui prennent pour le chemin tout tracé par la doc ça on passe à
côté de ben des gars on passe à côté de bains des hommes qui iront pas chercher de l'aide puis de
toute façon quand ils vont chercher de l'aide l l'aide n'est pas adéquate.
Les gars vont chercher de l'aide en crise.
Quand ils vont chercher de l'aide, ils ont besoin là.
On les met sur les listes d'attente.
Puis après, quand ils rencontrent enfin quelqu'un,
s'ils sont un peu agressifs, on leur dit non,
ici, c'est pas de violence, t'as pas de service.
Il y a une différence entre l'agressivité et la violence.
Puis après, quand ils ont des services, c'est quoi?
C'est viens t'asseoir avec mes fleurs séchées et parlons de tes émotions.
C'est pas tout à fait de même non plus que ça peut marcher.
Il faut penser des façons différentes de faire.
Il y a eu du travail de rue,
mais aussi du travail de rang auprès des agriculteurs.
Il y a de l'intervention pour les groupes d'hommes.
C'est incroyable, les groupes de parole.
Il y a des organismes spécialisés qui rayonnent pas.
Mais je veux pas enlever
à aucune cause, ni à aucun genre,
ni rien, mais
puisqu'on parle de ça, de l'éducation,
de la sexualité, puis des gars,
il faudrait s'en occuper aussi.
Tu sais, il va toujours
y avoir un débalancement, puis oui, la justice
va toujours se répartir, il va toujours y avoir de l'injustice,
mais est-ce qu'on peut travailler sur plusieurs fronts
ou ne serait-ce que se soucier
de plusieurs personnes en même temps?
Pas juste se dire,
« Ah, bien, ça a été injuste envers les femmes
pendant des années.
Bien là, c'est correct que ce soit injuste envers les gars. »
Parce que ça a été...
Mais non, pourquoi ce ne serait pas juste pour tout le monde?
Pourquoi on n'essaie pas de trouver un endroit
où on se parle et qu'on se parle pour vrai?
Ce n'est pas juste de condamner et l'anathème.
Jeannette Bertrand a écrit deux romans.
J'ai oublié le...
Deux romans il y a quelques années.
On parlait d'un gars qui avait de la misère
à gérer justement ses émotions jusqu'à temps
qu'il décide, un des personnages, d'aller dans un groupe
d'hommes. Le deuxième livre,
elle parle beaucoup des groupes d'hommes.
Je me souviens, j'avais fait une émission avec Jeannette
et trois représentants de groupes
où les hommes pouvaient aller se confier.
Je trouvais ça intéressant parce qu'il y en a un qui disait
des fois, tu viens t'asseoir, ça peut prendre un an
avant que tu prennes la parole parce que ça ne te tente
pas avant. On ne met pas de pression parce qu'il y en a un qui disait, tu sais, des fois, tu viens t'asseoir et ça peut prendre un an avant que tu prennes la parole parce que ça ne te tente pas avant.
On ne met pas de pression.
Parce qu'il y en a pour qui c'est plus difficile
de dire, c'est comme un état de vulnérabilité.
Pour certains, de dire, j'ai besoin.
Mais non, des fois, tu peux juste écouter.
Mais tout ça pour te dire que c'est un show
différent de tout ce que j'avais fait.
Et je ne m'attendais pas à ça,
mais les codes d'écoute ont été incroyables
et de réécoute de cette émission-là.
Je pense vraiment que d'en parler,
de dire qu'au moins de parler des ressources qu'on a déjà,
parce que dans le milieu communautaire, il y a des ressources.
Et si elles avaient plus de fonds,
plus de façons de se financer, plus de partenaires,
il y en aurait encore plus dans toutes les régions du Québec.
Parce qu'on dirait que les hommes adhèrent assez bien
à la notion de groupe aussi, de ne pas se sentir seul.
Oui, effectivement.
C'est peut-être plus facile aussi pour les gars, justement,
de ne pas avoir le focus direct qui déballe tes affaires.
Ce modèle d'intervention-là, probablement,
est moins adéquat avec les hommes.
Mais en même temps,
il y a aussi la réalité de se sentir compris par
les hommes, parfois justement dans une
expression qui peut être plus agressive,
plus maladroite, qui va avoir
des mots qui ne sont pas nécessairement
les mêmes.
Et ne serait-ce que les groupes
d'hommes ou les fraternités anonymes
de toutes sortes,
il y a beaucoup de gens,
la force du groupe, la force du « nous » aussi,
c'est de créer du réseau social, c'est de créer du lien.
Parce qu'il ne faut pas oublier que c'est beaucoup plus naturel
pour les femmes d'entretenir le réseau social.
Souvent, les femmes ont beaucoup plus de soutien en temps de crise.
Si tu regardes une rupture,
souvent, c'est la femme qui repart avec le réseau social
qui l'entretient, puis tout ça,
puis le gars qui s'isole.
C'est au-delà de l'éducation.
Ce n'est pas juste une question d'éducation.
Selon moi, il y a un paquet
de facteurs, il y a un paquet de raisons. Oui, la socialisation
ne joue pas beaucoup.
On dirait que le gars, il faut le rappeler aussi.
Il faut l'accompagner.
Il faut compteraccompagner.
Il faut compter de quoi de beau et de triste en même temps.
Il y a un de mes bons amis,
je le salue,
on donnera pas son nom par souci de confidentialité, mais c'est un gars que j'aime beaucoup
chez qui je me suis entraîné.
C'est un ancien culturiste
qui est rendu à 72 ans
puis qui s'entraîne encore.
Puis le gars, il a été tannant à une certaine époque.
Il n'a pas un fond de pension classique.
C'est un magnifique humain,
mais qui a souffert beaucoup dans les dernières années.
Il a vécu des conflits familiaux
et s'est retrouvé très isolé, comme beaucoup d'hommes à cet âge-là.
Quand tu n'as pas une conjointe,
pour avoir un petit réseau social,
à 72 ans, souvent, tu es tout seul chez vous.
C'est pas trop, là.
Puis ce gars-là, il a beaucoup souffert.
Puis à force de lui dire, d'aller chercher de l'aide,
puis de lui nommer comment faire,
il s'est mis sur une liste d'attente.
C'est 3S.
Il a vu, après des mois d'attenteente une intervenante. Il l'a rencontrée
quelques fois. Il a développé
des sentiments pour cette personne-là.
Le gars, il est tout seul dans son appart.
Il y a quelqu'un qui s'occupait de lui, qui était intéressant.
Exact, puis qui était intéressant.
Il lui a nommé qu'il y avait de l'intérêt
pour elle. Fin de suivi.
On ne peut pas continuer.
Ça va interférer. Fin de suivi, on te remet
sur la liste d'attente. Fait qu'il retourne
attendre pendant je ne sais pas combien de mois,
je pense d'années. Autre rencontre,
il débarque là,
il nomme ce qu'il veut vivre, notamment
par rapport à son enfant de duplessis, par rapport
à ce qu'il a vécu
dans sa chair avec les
pensionnats et tout.
Puis l'intervenant nous dit,
on n'ira pas là, c'est du passé. »
« Nous autres, on fait du cours au moyen terme. »
Ça le manque.
Il exprime l'agressivité.
« Oh, agressivité, on ne peut pas faire de suivi. »
« Ça se finit là. On va vous remettre sur la liste d'attente. »
« Fuck ta liste d'attente, je ne veux plus rien savoir. »
Là, il se retrouve sans intervenante.
Je ne dis pas qu'il y a des mauvaises intervenantes.
Il y en a des super dans le réseau.
J'en connais plein des bonnes intervenantes,
des bons intervenants dans le réseau public.
Mais le système,
il ne fonctionne pas pour ce genre de gars-là, clairement. Pour ce genre de gars-là,
il a envie de la détresse, puis il aurait besoin
d'aide. Fait que là, finalement, je débarque chez lui,
puis je le vois qui souffre, puis moi, j'essaie
de l'accompagner un peu le lendemain. On va trouver
de l'aide. On ne te laissera pas
de même. J'appelle une ressource
pour homme avec lui, parce que les gars aussi,
quand on les réfère,
il faut être sûr qu'ils sont en contact.
Parce que si tu leur dis, appelle-le,
non seulement il n'appellera pas, ou il va
appeler bien plus tard, peut-être trop tard,
mais il n'ira pas jusqu'au bout.
S'il appelle et il nomme son enfant à moitié, il va dire,
c'est peut-être pas nous, clac, fin de l'appel, fin de la démarche.
Moi, j'appelle avec lui.
Oui, je vous le passe, clac, devant lui.
Il lui dit, je vis ça, ça, ça.
Quand on va vous rencontrer pour une évaluation?
Il arrive à l'évaluation.
Ils disent, OK, bon, puisque vous avez été victime de X,
vous avez droit à l'IVAC.
Donc, vous allez aller au CAVAC pour avoir une évaluation,
pour faire rembourser votre psychologue.
Non, c'est fini.
Il ne fera pas tout ça.
Finalement, je rappelle au centre de prévention du suicide
où j'ai travaillé il y a des années.
Il dit, OK, on va le voir, on va le prendre.
Il y va, il est allé un peu.
Finalement, ça ne clique pas tant.
Fin de suite.
Puis là, cet ami-là que j'aime,
que je vois en détresse,
avec toutes ces démarches-là,
qui sont compliquées,
se retrouvent quand même, finalement,
un peu isolés.
Il y a quelques amis proches qui l'aiment fort
et qui l'ont soutien.
Il y a des gens dans sa famille pour qui il y a tellement d'amour
et on sent qu'il peut y avoir quelque chose qui se passe
pour l'aider là.
Mais tu comprends ce que je veux dire?
Le système n'est pas fait pour des gars qui
expriment un peu
d'agressivité ou qui sont maladroits
dans leur façon d'être en relation d'aide,
qui ne connaissent pas le système,
qui ne feront pas trois démarches pour aller
se faire rembourser un psychologue par un programme
du gouvernement qu'il faut que tu gardes à facture.
C'est ça.
Déjà, ça, il faut avoir beaucoup d'énergie. Il faut le faire avant quasiment d'avoir besoin d'aide. C'est tout faut que tu gardes la facture. – C'est ça. Déjà, ça, il faut avoir beaucoup d'énergie.
Il faut le faire avant quasiment d'avoir
besoin d'aide. C'est tout ce que tu viens de nommer
comme étape. – Exact.
Mais il y a aussi plein de ressources communautaires
super efficaces. Il y a des milieux de vie,
des organismes alternatifs en santé mentale,
il y a des ressources pour rendre... – Mais c'est un filet de sécurité.
Les organismes communautaires, c'est un filet de sécurité
qu'on a au Québec.
– Le réseau public, il y a du bon aussi. C'est dur d'y être,
mais quand tu es dedans, il y a des bons intervenants.
Mais c'est difficile
d'aller au Québec. Pour vrai,
obtenir du soutien. Heureusement
que les Fraternités anonymes, que les groupes
d'entraide pour hommes, que les lignes de crise,
un 866-APPEL pour les personnes
suicidaires, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Il y en a des ressources,
mais souvent, il faut cogner
à plein de portes, puis il faut le faire jusqu'à temps que ça marche.
C'est pas vrai. – Puis il faut accompagner ceux qui ont
de la misère à le faire. – Surtout les hommes, parce que c'est
prouvé scientifiquement, les hommes vont
beaucoup moins jusqu'au bout de la démarche
de demande d'aide. Il faut s'assurer
qu'il est en contact avec la ressource ou l'accompagner
nous-mêmes pour que
le contact se fasse.
– Dernière question, David, celle d'Opto-Réseau.
Si l'on regarde en arrière,
qu'est-ce que le petit David penserait de l'homme que tu es devenu?
Wow!
C'est particulier à quel point on connecte à l'enfance
de façon particulière quand on fait cette jonction-là
entre ce que nous sommes et ce que nous étions.
Je pense que l'enfant que j'étais
serait plutôt fier de moi.
En même temps, il y aurait une certaine fatigue
qui traverse, il y aurait une espèce de côté tu en fais encore
autant tu es encore aussi occupé préoccupé il y a quelque chose de ça l'enfant que j'étais ça
spinait tout le temps puis déjà j'étais dans les projets tout très bien des fois je
regarde depuis même pas si loin l'autre je pense à ça les dix dernières années je me disais bon
le jeu j'ai appris une année plus relaxe juste fait cinq textes à télé j'ai pris ce plus relax
ça ça pas suffit de plus j'ai des projets déménagés à campagne quand tu sais j'espère
ce mes projets mais je me disais quand même c'est un indice dans les années j'ai publié cinq romans trois recueils je fais des albums écrit deux spectacles je fais deux
tournées un moment donné pourquoi c'est pourquoi soulever des idées des vagues de réaction si tout
ce que je peux accueillir passe par le chat d'une aiguille, par le trou d'une aiguille.
Donc, il faut que je me dépose, comme disait Blaise Pascal.
Le malheur du monde vient de notre incapacité
à rester assis seul dans une chambre noire.
Puis j'apprends à le faire.
Je suis de plus en plus contemplatif.
Je marche beaucoup, je médite.
L'enfant que j'étais me dirait sûrement
que c'est
correct, David.
T'es suffisant,
t'as fait ce que t'avais à faire,
tu peux te reposer.
L'ami Richard Seguin
m'a envoyé un magnifique poème un moment donné
de Roberto Arroz, un poète
argentin.
Ce poème-là me fait du bien
et il nous donne le droit aussi de nous déposer.
Donc, je te l'offre, ce magnifique
poème de Roberto qui dit
« Aujourd'hui,
je n'ai rien fait, mais beaucoup
de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n'existent pas ont
trouvé leur nid. Des ombres
qui peut-être existent ont retrouvé leur corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré leur silence.
Ne rien faire sauve parfois
l'équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose pèse aussi
sur le plateau vide
de la balance.
Alors, reposons-nous un peu, Marc-Laurent.
– Parce qu'on dirait que tu me parles
tellement quand tu dis ça.
Moi, je ne voulais pas me remettre dans un état
dans lequel je suis.
Tu sais, jamais avoir de moment d'arrêt,
de paix, on dirait, mais de toujours
penser à la prochaine affaire
qui nous attend.
J'ai comme l'impression que c'est un trait de caractère.
– Il y a de l'homéostasie là-dedans.
C'est sûr qu'il y a un équilibre.
– Il y a quelque chose.
Parce que quand tu écoutes ce poème-là,
dans le fond, il faudrait qu'il soit écrit
à plusieurs endroits pour me le rappeler.
Parce qu'on dirait qu'on a envie d'être ça.
On a envie de se calmer.
Je ne peux pas te laisser sans te parler
de ton dernier livre, qui est La langue.
Oui, Ta langue.
Ta langue, excuse-moi.
Oui, qui est sur La langue, mais qui s'appelle Ta langue.
Mais qui s'appelle Ta langue.
Habituellement, on ne parle pas tant de ce qu'on vient de faire,
mais je trouvais ça important parce que ça nous concerne tous.
Tous ceux et celles qui écoutent ce podcast-là,
ça les concerne, ta langue.
Donc, tu es allé...
D'où est venue cette idée-là?
Ça, je suis vraiment content.
Tu vois, en fait, cet automne,
je vais bien un jour à la fois.
Puis je vais bien notamment
parce qu'il y a deux beaux projets
qui arrivent enfin à terme.
Puis que je ne porte pas
seul
Talang, c'est 12
auteurs, autrices
qui m'ont accompagné là-dedans.
Puis à côté, il y a le livre de Geneviève.
C'est Geneviève qui est comme wow.
Puis que là, je veux juste l'aider à faire rayonner le livre
qu'elle a écrit, qui est incroyable.
Mais Talente, donc c'est le premier
qui a paru en octobre.
Celui de Geneviève va paraître en novembre.
C'est le Robert Québec,
déjà, qui m'a fait une belle surprise
en me rentrant dans le dictionnaire à 43 ans,
parce que je trouve que c'est beaucoup trop jeune,
puis j'aurais pris un petit 10-15 ans encore, mais bon, OK.
C'est quand même...
T'es plus dans relève, le gratte. T'es plus dans relève.
C'est fini, tu sais. Mais
donc, j'ai appris,
je voulais partir une maison d'édition,
avoir une antenne au Québec. Donc déjà, pour moi,
c'est wow, quelle reconnaissance pour le français québécois.
Il n'y en a pas dans toute la francophonie.
Donc, OK, vous reconnaissez que
notre langue est différente,
qu'elle est riche.
Et là, ils disent, on veut faire une œuvre collective
autour de la langue.
On voudrait que ce soit toi qui le dirige.
Puis honnêtement, j'étais débordé à ce moment-là.
J'étais dans le travail d'édition, le spectacle, tout ça.
Mais j'ai dit, OK, je n'ai pas le choix, je vais le faire.
Et là, j'ai voulu, puis c'est vraiment,
c'était ça la condition que je leur ai dit, ce sera pas un guide
de 50 expressions mignonnes du Québec
pour, non non, on va
débattre, on va réfléchir
dans tous les sens
et j'ai invité 12 personnes
d'ailleurs au début il y en avait juste 10
puis je me suis battu pour en rajouter au moins 2
parce que je voulais une présence des Premières Nations
une présence du milieu anglophone
une présence du français hors Québec, acadien je voulais la parité homme-femme je voulais une présence des Premières Nations, une présence du milieu anglophone, une présence du français hors Québec,
acadien, je voulais la parité hommes-femmes,
je voulais beaucoup, mais
ils ont embarqué, c'est vraiment
une belle équipe, et
pour moi, ce qui est important,
il fallait absolument que je ne sois pas
d'accord avec tous les textes, il fallait absolument
que ce soit un livre riche
par ses contributions originales,
donc on a un texte de Michel Tremblay sur les sacs,
de Stéphane Beurreau sur la sclérose, la pensée.
On a Mélissa François sur le rapport aux anglophones à Montréal.
Moi, c'est Édouard Butler qui m'en a parlé.
Tellement content d'avoir participé à ce livre-là.
Son texte est magique sur la caddie,
Jean-François Letourneau sur le voyage.
C'est vraiment 12 textes puissants.
Et il y a des textes qui se contredisent, et tant mieux.
Puis il y a des voix qui sont un peu controversées,
puis tant mieux.
Je peux l'être aussi, moi, ça fait mon affaire.
Quand le corridor entre le consensus lâche
et la pensée harnachée, ça fait de plus en plus petit.
On n'est pas dans une chambre à écho.
Non, absolument pas.
Même Frédéric Lacroix, il y a des gens qui ont dit
« Tu ne peux pas publier ce gars-là. »
Non, mais regarde-moi bien aller.
Son texte est très documenté, très intelligent aussi là-dessus.
Marie-France Bazot qui vient dire quelque chose de complètement différent.
Après, c'est au lecteur à se positionner.
Et entre chaque texte,
j'ai choisi des poèmes et des citations de plein
de grands de notre monde
pour montrer aussi la beauté de la langue.
Puis je sais déjà qu'il y a des profs
en francisation qui l'utilisent, le livre.
Je sais qu'il a fait réfléchir des gens.
Je suis vraiment heureux.
Le livre, il est encore meilleur que je l'espérais.
Donc, Talente, allez.
– Bien, merci.
– C'était génial, ça a passé vite.
– Ça passe vite, vraiment.
Écoute, il y a tellement d'affaires qu'on aurait pu
rajouter parce que je trouvais qu'avec toi,
à toutes les fois que tu disais de quoi,
je me disais, OK, on va rester dans son Ouvre ton jeu,
mais ça m'intéressait.
Je voyais des émissions que je pouvais faire
presque sur plein de thèmes.
– Il y aura d'autres saisonsèmes. On aura d'autres, exactement.
On pourra se voir sur différents
thèmes, mais merci.
Vraiment, ça a été grandement apprécié.
Et j'ai déjà hâte de lire les commentaires
de tout ce que tu as dit.
Les gens réagissent beaucoup suite
à la diffusion du podcast.
Parfait. Merci pour ta vénérosité, Marc-Claude.
C'est toujours un plaisir, David Goudreau. Alors, merci à tout le monde d'avoir été là et on se dit au prochain podcast. Parfait. Merci pour ta vénérosité, Marc-Claude. C'est toujours un plaisir, David Goudreau.
Alors, merci à tout le monde d'avoir été là et on se dit au prochain podcast.
Bye-bye.
Cet épisode était présenté par Karine Jonka,
la référence en matière de soins pour la peau au Québec.
Le jeu de table Ouvre ton jeu
est disponible partout en magasin